jeudi 21 janvier 2010
Les vautours d' Haïti
jeudi 7 janvier 2010
Si les Turcs se mettent à jouer au rugby maintenant, on est mal !

« La richesse de la raison est le mystère de la folie
Le fou de la raison est l’homme de la sagesse
Qui obtient la connaissance du cœur dans le chemin de la douleur
Trouve en son propre être des milliers d’étrangers ».
Djalâl-Od-Dîn Rûmi, dit Mevlana
mercredi 6 janvier 2010
En souvenir de Serap Eser / Serap Eser hatırasına.
En souvenir de Serap Eser,
Noire la Mosquée bleue, Noire Sultan Ahmet,
Noir le pont du Bosphore, et noir Dolmabahçe ;
Ce soir les cieux pleurent sur la ville des poètes :
Des larmes noires inondent Kartal, Fenerbahçe,
Kız Kulesi, Üsküdar, Büyükçekmece…
Noires les « yalı », noirs les « vapurs », noires leurs fumées !
Noir le pont de Galata, noirs ses pêcheurs figés !
Ce soir la nuit d’hiver semble tout inhumer,
Son sang noir coule glacé dans nos cœurs affligés.
Ce soir la nuit emporte tout sur son trajet.
Noires les écoles, les maîtres, les écoliers,
Noir le tableau, les craies… le bus ensanglanté…
Ce soir une famille souffre pour le monde entier,
Notre petite sœur à tous ne boira plus de thé,
Elle n’ira pas non plus à l’université…
Nous n’oublierons jamais son poème : ce visage
Qui brûle en nous comme les vers de Nazim Hikmet ;
Qu’il tremble dans nos mémoires ses sourires en mirages !
Rappelons-nous Serap puisqu’on oublie les poètes,
Qu’aucune idée au monde ne tue plus de fillettes.
Samedi 26 décembre 2009
Serap Eser hatırasına,
Siyah Ayasofya Camii, Siyah Sultan Ahmet,
Siyah Boğaz köprüsü, ve Siyah Dolmabahçe ;
Bu akşam gökler şairler şehrinin üzerinde ağlamakta:
Siyah göz yaşları Kartal’ı, Fenerbahçe’yi,
Kız Kulesi’ni, Üsküdar’ı, Büyükçekmece’yi…’yi kaplamakta
Yalılar Siyah, vapurlar Siyah, dumanlar Siyah!
Galata köprüsü Siyah, donmuş balıkçıları Siyah!
Bu akşam kış akşamı her şeyi gömmüş gibi,
Donmuş olan Siyah kanı kederli kalplerimizde akmakta.
Bu akşam gece, yoluna çıkan her şeyi götürmekte.
Siyah okullar, öğretmenler, öğrenciler,
Siyah tablo, tebeşirler … kana bulanmış otobüs…
Bu akşam bir aile tüm dünya adına acı çekmekte,
Hepimizin kız kardeşi artık çay içemeyecek,
ve hatta üniversiteye de gitmeyecek …
Nazim Hikmet’in dizeleri gibi içimizi yakan ;
Onun “Bu yüz” adlı şiirini hiçbir zaman unutmayacağız.
Bu Seraplı gülüşleri hafızamızda titretsin !
Mademki şairleri unutuyoruz, Serap’ı hatırlayalım,
Dünyadaki hiçbir fikir küçük kızları bir kere daha öldürmesin.
Cumartesi, 26 Aralık 2009
Ceviri : Melek Karaagaç
jeudi 22 octobre 2009
La journée sans immigrés du 1er Mars - une étincelle qui risque de mettre Hortefeux en poudre !
Au début, rien. Enfin, rien… une étincelle ! Nous sommes à la fin du mois d’août à Seignosse dans les Landes où les fragrances de pin se mêlent à celles nettement moins odorantes des « blagues » de Brice Hortefeux. En pleines Journées d’été de l’UMP, posant pour une photo aux côtés d’Amin, un jeune militant d’origine maghrébine, alors qu’une femme à ces côtés vient de déclarer « il est comme nous, il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière », celui-ci répond : « Il ne correspond pas du tout au prototype. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes ». La chaîne parlementaire LCP a filmé toute la séquence et la met en ligne sur son site mais décide rapidement de la retirer, face à la polémique qui commence à enfler. Mais c’est déjà trop tard ! La video est reprise par le journal Le Monde, Charlie Hebdo met en ligne sur son site une pétition demandant la démission du ministre qui a déjà recueilli à ce jour 13 844 signatures, quant au MRAP, il porte plainte et le 17 décembre prochain, devant la 17e chambre du Tribunal correctionnel de Paris, Brice Hortefeux sera cité à comparaitre pour injure à caractère racistes.
Nadia Lamarkbi elle, comme bon nombre de ses concitoyens, est chez elle à tourner en rond et ruminer sa colère contre les propos du ministre dans son coin. Pour elle, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase : « la première fois on a rien dit, la deuxième fois on a rien dit... ». C’est alors que Nadia se rappelle du mouvement des immigrants hispaniques qui, en 2006, avaient paralysé toute
Une première réunion d’information est faite à la bourse du travail de Saint Denis le 30 septembre et un manifeste est présenté. Il appelle les « femmes et hommes, de toutes croyances, de tous bords politiques, et de toutes couleurs de peaux, immigrés, descendants d’immigrés, citoyens conscients de l’apport essentiel de l’immigration à notre pays » à ne pas participer à la vie économique du pays le 1er mars prochain, en n’allant pas travailler et en ne consommant pas. Comme Sartre définissait le juif, il définit l’immigré comme « celui qui est perçu comme tel par les autres au-delà même de ses origines ». Il entend « se réapproprier et réhabiliter ce terme (immigré) devenu péjoratif par la force de l’instrumentalisation politique » et refuse « les stéréotypes véhiculés qui menacent notre cohésion sociale » ainsi qu’à ce que les « bienfaits passés, présents et futurs des immigrés qui ont toujours construit
Ainsi, le collectif qui espère ébranler les vieux tabous sur l’immigration de la société française espère faire bouger les lignes en touchant au nerf de la guerre : l’argent.
Après déjà un premier passage sur Génération FM et Beur FM, on trouve déjà dans Google 11 700 occurrences pour « la Journée Sans Immigrés ». Le manifeste a déjà été repris abondamment sur la toile par de nombreux citoyens dont certains sont des politiques, ou d'autres encore des associations comme RESF qui a relayé le manifeste sur son site...
Alors que donnerait une journée sans immigrés en France quand on sait l’apport de l’immigration dans de nombreuses branches comme le bâtiment ou le milieu hospitalier ? Nul et l’écrasante majorité d’entre nous, au regard de notre histoire, aimerait à ne jamais le savoir. N’est-ce pas là déjà d’ailleurs une première raison pour se joindre au collectif lors du 1er mars prochain ? Une chose est sûre cependant, c’est que ce jour là, suite aux propos d’Hortefeux, la France pourrait bien s’apercevoir que les immigrés, si pour certains quand il y en a qu’un c’est amplement suffisant, en revanche c’est lorsqu’il n’y en aura plus du tout que pour la majorité d’entre nous cela risque d’être véritablement catastrophique !
dimanche 28 juin 2009
La lutte de la burqa contre la Boukha
Le débat sur
Ce fut chose faite mardi où après une proposition de résolution le 17 juin afin de créer une commission d’enquête parlementaire sur le port de la burqa ou du niqab par le député PCF André Gerin, le texte fut signé par 58 députés majoritairement de droite (3 PCF, 7 PS, 43 UMP, 2 NC, 3 NI). Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale a alors annoncé la création d'une mission parlementaire composée de 32 députés de tous horizons politiques et qui devrait travailler à partir de juillet et pendant six mois sur la question du port du voile intégral en France. Décision prise à l'unanimité lors de la conférence des présidents, réunie comme chaque mardi matin, pour fixer l'ordre du jour de l'Assemblée.
Déjà la levée de cette commission en dit long sur la problématique du voile. En effet, alors que la défense de la laïcité et l’égalité homme-femme sont généralement connus pour étant des valeurs traditionnellement défendues par la gauche, nous sommes en droit de nous demander comment un député de l’extrême gauche a-t-il bien pu faire pour trouver comme plus solide appui l’UMP de Nicolas Sarkozy ? Pour le comprendre il nous faut remonter aux sources, c’est à dire… à Vénissieux !
Vénissieux où 3 des 7 français détenus à Guantanamo sont originaires. Vénissieux où Tariq Ramadan, intellectuel controversé de la mouvance extrémiste des frères musulmans, a donné ses premières conférences dans les gymnases locaux qui n’auraient pu se faire sans l’accord de la municipalité. Municipalité tenue alors devinez par qui ? Vénissieux d’où l’imam Abdelkader Bouziane a été expulsé du territoire français le 21 avril 2004 pour avoir affirmé que « le Coran autorisait dans certains cas un musulman à battre sa femme ».Vénissieux où est né le fameux mouvement black, blanc, beur à l’ombre des tours de béton des Minguettes et où une quinzaine de jeunes ont l’idée dés 1983, d’ « une marche pour l’égalité », rebaptisée « Marche des beurs », plaçant leurs espoirs dans une gauche caviar qui n’en retiendra que la caricature exotique et non un mouvement réclamant à l’origine l’égalité républicaine, dont la désillusion donnera naissance au communautarisme. Une frustration des français originaires du Maghreb que le sociologue Azouz Begag explique ainsi : « Jack Lang, François Mitterrand et Julien Dray ont repéré à l'époque un mouvement spontané de jeunes de
Dans les années 80, suite à cette déception, la ville se paupérise perdant 15000 habitants en 15 ans, seuls restent les plus pauvres avec leurs cortèges de misères et de délinquance. Dans ce contexte arrivent dés 1984 les premiers étudiants islamistes qui investissent les facs apportant aux jeunes de Vénissieux un soutien et une reconnaissance dont ils avaient tant soif. Ce que
Vénissieux où André Gerin, notre député est conseiller municipale depuis mars 1977 alors que je n’avais à peine que 2 ans mais cela tout le monde s’en fout (Pouf, pouf !) et maire depuis 1985. C’est dire si en plus de 30 ans, en tant que conseiller municipal et Maire de Vénissieux, tout en ayant été député du Rhône depuis 1993 après avoir été membre du conseil général sur deux mandats… si Monsieur Gérin a eu le temps de voir arriver sœur Anne de loin dans sa ville qui est aujourd’hui un des bastion de l’islamisme en France, et s’il a eu le temps d’en prévenir les pouvoirs publics qu’il représentait en grande partie, lorsque la gauche était au pouvoir. Mais savez-vous quel surnom est donné à André Gérin à Vénissieux ? Je vous le donne en mille : « l’imam rouge » ! Parce qu’en 30 ans, l’imam rouge a refusé l’implantation d’une grande mosquée au détriment d’associations prétendument culturelles et de mosquées s’installant dans des caves et prônant un islam troglodyte. Acculer les gens dans leurs cases exotiques respectives a ceci de bien commode, qu’on peut manipuler les masses plus facilement. Communautarisme, quand tu nous tiens…
Mais revenons à la burqa où depuis tout temps ses partisans se sont lancés dans une lutte acharnée contre les adorateurs de la boukha, cet alcool de figue qui avec le raki et le vin symbolise à lui seul le côté éclairé des peuples de Méditerranée. (Je sais j’exagère, mais que voulez-vous ? On est un fan du grand poète perse Omar Khayyam ou on ne l’est pas !) Une lutte à mort des iconoclastes contre les iconolâtres, de ceux qui vénèrent les traditions liberticides et ceux qui les brisent dans les sons pop rock au nom du Plaisir et de
Dans cette longue marche vers l’universalité de l’espèce humaine il faut rappeler que les originaires du monde musulman sont ceux qui ont déjà payé le plus lourd tribu. Ajoutons à cela que ce n’est pas parce que l’on habite dans un monde à majorité musulmane ou chrétienne qu’on épouse forcément la croyance majoritaire et que l’on n’est pas d’une croyance minoritaire, simple déiste, agnostique ou même carrément athée. Un lourd tribu, disais-je donc, à l’image de celui payé par le peuple durant les années 90 ou celui que paye le peuple iranien depuis 30 ans. Un tribu dont
Cette lutte à mort est aujourd’hui visible dans nos rues avec l’apparition de femmes portant la burqa. Prenons garde à comment toi et moi allons réagir auquel cas, par le rejet globale du monde musulman que nous pourrions montrer, nous ne ferions rien d’autre qu’alimenter une fois de plus l’islamisme. Bien sûr, tu as entièrement raison, et je ne reviendrais pas là-dessus : le voile est un asservissement de l’homme sur la femme. Tu as encore raison lorsque tu dis que cela n’est même pas une question de religion, qu’un instituteur qui remet un enfant à sa mère, qu’un officier de police effectue un contrôle d’identité, qu’un postier qui remet un colis, tous doivent tous pouvoir reconnaître le visage de la femme à laquelle ils s’adressent. Et tu as toujours raison lorsque tu dis qu’il ne faut pas être naïf et que pour une femme qui porte la burqa de plein grés, nombreuses sont celles qui le font sous la pression familiale ou communautaire, et que par conséquent, il faut utiliser le principe de précaution.
Néanmoins je ne crois pas que l’ouverture d’une commission pour interdire spécialement la burqa puisse vraiment arranger les choses, même s’il faille, au fond, l’interdire. Je m’explique : dans le même cas de figure ce n’est pas parce que tu vas interdire aux témoins de Jéhovah de venir marcher sur tes plates bandes, parce que chez eux aussi la femme est inférieure à l’homme, que tu vas pour autant rendre les femmes de cette secte plus libre.
Pourtant en ce qui concerne la burqa, en novembre 2007, c’est bien ce que le conseil d’Etat a fait en refusant la nationalité française à Faiza, une marocaine âgée de 32 ans, mariée à un français et mère de 3 enfants nés en France, au motif d’avoir « adopté, au nom d'une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment le principe d'égalité des sexes ». Bien sûr le but n’est pas là de dire qu’il ne faille pas condamner les actes allant contre les valeurs de
Ce que je veux dire, c’est qu’ainsi, en condamnant la femme et non l’homme, les juges qui croyaient rendre la justice n’ont pas condamné le bourreau mais la victime. Car le fond du problème n’est pas la burqa ou le port de la burqa par elle-même. Le fond du problème est le salafisme, ce courant intégriste de l’islam radical qui offre aux hommes le motif saugrenu d’asservir la femme. Le salafisme n’a rien à voir avec l’islam vécu de façon personnelle et éclairée des millions de nos concitoyens de confession musulmane qui l’adaptent à leurs sauces, en vivant avec leur époque. Le salafisme gangrène la cohésion sociale et l’égalité homme-femme de nos sociétés. Disons le franchement : le salafisme est une secte comme les témoins de Jéhovah ou la scientologie. Et comme toutes les sectes, ceux qui la prêchent et asservissent leurs concitoyens n’ont rien à voir avec notre république du vivre ensemble et doivent être condamnés.
Ce n’est donc pas une commission sur la burqa qu’il fallait ouvrir. Celle-ci n’aura pour effet que d’isoler encore un peu plus la femme musulmane par la caricature qu’en feront les médias au risque de l’acculer encore un peu plus au repli identitaire. Ne tombons pas dans le jeu des d’une certaine gauche réactionnaire qui pendant 30 ans a joué à celui du communautarisme en caricaturant avec condescendance nos concitoyens de confession musulmane, ou ayant un nom à consonance originaire des pays du sud de
ce des listes issues de cette diversité qu’ils ont tant méprisé, pas toujours démocrates il est vrai, et qui recueillent dans certaines communes de 10 à 15 % aux municipales. Ne tombons pas non plus dans le jeu de la droite et de l’extrême droite pour qui la burqa serait une aubaine de nous détourner de la crise économique que nous subissons tous en stigmatisant une fois de plus nos concitoyens musulmans par une vision unique et rétrograde de ceux-ci. Je le dis clairement : ne les laissons pas nous diviser !
La première personne à laquelle nous devons penser est à cette femme sous la burqa. Ne lui imposons pas ce qu’Agathe André dans le Charlie Hebdo du 24 juin 2009 désigne comme « la double peine : opprimée par les hommes, conchiés par ses concitoyens ». Regardons cette femme avec courage, sans crainte, et posons sur elle aussi difficile que cela puisse nous paraître, un regard humain. Comme nous le ferions pour n’importe quelle victime d’accident ou de viol. Cette femme est la victime d’une secte. Une secte machiste comme tant d’autres. Une secte qui l’a endoctrinée, volé sa jeunesse, sa liberté, et tout esprit d’analyse cohérente. Ne lui volons pas encore en plus sa dignité. Ne lui volons pas encore en plus l’assistance à laquelle toute personne en détresse à droit.
Et exigeons une commission d’experts qui auditionnera des « échantillons représentatifs de la société » incluant des personnes originaires du monde à majorité musulmane. Ce « monde de la boukha » duquel nous avons tant à apprendre. Et tant à partager. Battons nous aux côtés de nos jumelles et de nos jumeaux originaires de ce monde à majorité musulmane éclairé, et non en les ignorant comme nous ne l’avons fait que trop souvent. Comme nous avons tendance à le faire trop facilement. Exigeons que cette commission interdise le salafisme comme elle vient de le faire récemment pour la scientologie. Exigeons que cette commission interdise les sectes machistes et condamne ses prêcheurs ainsi que les hommes qui y entraineraient leurs familles à de lourdes peines d’amendes, voire de prison. Exigeons que soit sécurisées les entreprises en autorisant les employeurs à exiger des tenues correctes « laïques » sous peines de sanction et de renvoi, sans pour autant craindre d’être envoyé aux prudhommes par des femmes ou des hommes ayant changé de tenues vestimentaires après leurs embauche. Afin que l’intégrisme religieux ne pénètre plus les PME-PMI et ne gagne les salariés. Que ces dernières demeurent un espace de cohésion sociale. Exigeons que nos médias mettent en lumière la majorité des musulmans éclairés vivant en harmonie au sein de
C’était juste un peu avant l’arrivée du nazisme… Que plus jamais nous ne laissions quiconque nous diviser sans réagir !
lundi 15 juin 2009
Le PS est mort, vive les Verts !

Ca faisait tellement longtemps qu’il me chatouillait la libido ce titre, que ce serait quand même malheureux que je m’en prive ! Il faut dire, les copains le savent bien, que je ne porte pas le PS dans mon cœur. Et puis surtout, après la victoire historique que vient de faire la liste Europe Ecologie dimanche dernier ! Je sais, j’ai mis longtemps à faire surface. Parce que faut pas croire, mais la campagne c’est pas terminé après les élections. Après y’a la joie, bien sûr, mais y’a aussi les analyses. On se creuse la tronche dans l’ivresse pour savoir ce qu’il s’est passé, un peu comme un type ivre mort qui cherche ses clefs qu’il a laissé sur le comptoir. Bourré, tu réfléchis toujours un peu avec la même clairvoyance qu’un marchand de poisson qui se mettrait à vendre des sapins de Noël dans un cimetière. T’as l’air un peu bête, comme ça, après les élections. T’as envie de continuer la campagne, mais tout est terminé. « C’est plié ! » comme dirait mon copain Abdel. La victoire de ce 7 juin 2009, et bien c’est comme ça qu’on l’a vécu avec les copains. Comme des marins irlandais perdus dans la tempête et qui se sont réfugiés au pub pour y chercher de la bière et un baiser. Un baiser vert. Comme le V de Victoire. Un véritable trèfle à 4 feuilles. Vert comme l’Irlande que tu vas cueillir en fermant les yeux, vert comme l’espérance… et maintenant que j’ai à peu prés décuité, je vais tenter de te raconter cette victoire là. Comme je l’ai vécue. Comme lorsque t’embrasses pour la première fois la plus belle fille que t’aie jamais vu et que tu ne veux pas rouvrir les yeux. De peur de l’avoir rêvé…
Faut dire qu’avec les copains, depuis les journées d’été à Toulouse il y a un an, où s’étaient réunis les copains comme traditionnellement chaque année à la même date dans un lieu différent – cette année ce sera à Nîmes – on ne peut pas dire qu’on aura vraiment chômé ! Là bas il s’est passé un truc incroyable : les frangines et les frangins de la grande famille de l’écologie ont arrêté de se foutre sur la gueule. C’est vrai que les copains en parlaient depuis des années, mais très sincèrement on y croyait plus. Et puis y’a eu la môme Cécile. Duflot, bien sûr. Secrétaire nationale à 34 piges. Vises un peu : my age ! Yes, sir ! Avec le Dany et le José elle a rassemblé la familia qui se faisait la gueule depuis que l’un avait dit non au Traité Constitutionnel Européen en 2005 et l’autre oui. Miracle ! Comme je te le dis ! Et puis
Ce soir du 7 juin 2009, pour tout te dire, je m’en souviendrais toute ma vie. Comme j’ai décidé d’en prendre l’habitude depuis les dernières municipales, j’avais décidé d’être assesseur dans la petite commune où je vote. Là où Mirambeau, maire UMP, a attaqué pris la commune à l’arme blanche et par derrière en faisant campagne sur une liste « sans étiquette ». Cette commune historiquement de gauche et qui était dans l’escarcelle du PS était alors tombée à droite pour quelques voix parce que Madame le Maire, c’est ballot, avait dénié faire campagne. A 20 h j’étais au dépouillement. J’annonçais à haut voix les têtes de listes que ma coéquipière de l’instant me tendait après avoir sortie de l’enveloppe. C’est dire si je n’en croyais pas ce que je lisais. Si cette voix était une autre que la mienne. C’est dire si je n’en croyais pas mes oreilles quand venues des tables derrière moi, j’entendais énoncer : « Daniel Cohn-Bendit ! Daniel Cohn-Bendit… Daniel Cohn-Bendit… » On aurait cru que les urnes venaient de vomir une rivière d’émeraudes. C’est con, mais t’aurais presque eu envie de te barrer avec la pile des bulletins de vote verts pour aller les enterrer loin dans le jardin sous le cerisier comme si c’était un trésor. Un trésor, oui. Et un beau. De pirate des mers du Sud ! D’océans ! J’aurais voulu hurler Rimbaud dans cette petite salle des mariages : « L'eau verte pénétra ma coque de sapin, et des taches de vins bleus et des vomissures, me lava, dispersant gouvernail et grappin. Et dès lors, je me suis baigné dans le poème de la mer, infusé d'astres, et lactescent, dévorant les azurs verts; où, flottaison blême et ravie, un noyé pensif parfois descend… ».
C’est sûr que ça sent le sapin ! Et pas qu’un peu ! Le noyé pensif qui est en train de descendre, à l’heure où je te cause, c’est le parti socialiste. Ah ! Il a de quoi être songeur avec la volée qu’il s’est ramassé. C’est sûr ! A force de rififis en internes, à force de caricaturer ses partenaires de gauche, à force de plagier leurs programmes sociaux ou écologiques, à force de crier « gare au loup » d’extrême droite et d’appeler au vote utile en prenant l’électeur pour le dernier des imbéciles, l’électeur a finit par ne plus avoir peur du loup et s’en est allé voter avec courage pour ses idées. Parce que c’est bien ce que t’as fais, non ? T’en as eu ras le bol en cette période de crise de voir les programmes d’un parti acquis au libéralisme depuis Mitterrand et qui a donné la merde dans laquelle nous sommes tous. Parce que comme l’a rappelé brillamment un copain, Pierre, quelques jours avant la campagne : « Le PS fait semblant d'être un parti de gauche mais vote les traités européens qui libéralisent à tout va les économies européennes. Le texte le plus libéral fait par l'UE est l'Acte unique Européen, son maître d'œuvre fut le socialiste Jacques Delors que son PS voulait comme candidat en 1995, il fut signé par un Président PS, Mitterrand, et par un Premier ministre PS, Laurent Fabius. Ce sont encore des socialistes qui étaient au pouvoir quand furent acceptés les critères libéraux de Maastricht et l'indépendante de la monnaie de toute politique économique où plutôt répondant aux critères d'une politique libérale. C'est Jospin qui signa les accords de Barcelone qui prévoyaient la réforme des retraites que fit Raffarin. 'Europe libérale doit donc beaucoup à nos socialistes et il est beau de prétendre en France défendre nos services publics quand on Co-rédige au niveau de l'UE des traités qui prévoient leur mise en concurrence. Tous ceux qui travaillent à la poste savent d'ailleurs sous quels gouvernements s'est développée la précarisation du personnel ». Devenu depuis longtemps un parti de droite torturé entre sa vision libérale de l’économie, Ségolène qui voulait réinstaurer les maisons de corrections à 13 ans, et son obligation de tinter d’écolo et de social ses programmes pour faire bonne figure, le PS a fini par payer sa félonie. Comme m’a dit cyniquement un sympathisant de gauche le soir de l’élection : « vous avez raison, quand la bête est malade à ce point là, il vaut mieux l’achever ».
C’est vrai, on a assommé la bête un bon coup, mais le cadavre risque de bouger encore à
« Et maintenant ? » me demandait une militante ? Et bien maintenant il va falloir continuer, nous tous, comme on a commencé, rassemblés, unis dans la tempête. Premier objectif : t’inscrire sur les listes électorales en allant à ta mairie si ce n’est pas fait. Et faire inscrire. Le 31 décembre il sera trop tard. Tu connais la chanson ! Deuxième objectif : les régionales. Là il va falloir cartonner pour mettre un maximum de conseiller régionaux. La campagne sera acharnée. Mais tu ne dois jamais oublier que tu peux y arriver. Comme tu y es arrivé ce 7 juin. Parce que tu as refusé de voter pour autre chose que pour tes idées. Et avec toi le peuple s’est levé pour changer le monde et adopter un mode de vie écologique. Il est maintenant en marche. Gays, lesbiennes, transsexuelles ou inter sexes. Français originaires de Bretagne, de Turquie ou du Mali. Médecins, chômeurs, ou étudiants. Demain arrive le temps des affiches et de la colle, des tracts, des marchés, des banderoles, des meetings, des poings levés et des hauts parleurs. Demain c’est sûr, si tu ne baisses pas les bras à deux mètres de la ligne d’arrivée, ils peuvent bien rire et se moquer de nous les autres, mais qu’ils le veuillent ou non, nous changerons la planête.
samedi 6 juin 2009
Européennes du 7 juin 2009 : Yes we cem !
« Madame A l’image de Cem Özdemir qui est cela dit en passant un des parlementaires européens les plus fidèles à son groupe avec un taux de loyalisme à 98.08 %, les Verts Français et les Verts Européens ont toujours soutenu ce que Dany Cohn-Bendit appelait pas plus tard que ce mercredi
dans un Zénith de Paris rempli à craquer « le rêve du Bosphore ». L’adhésion pleine et entière de ce grand pays qui a participé à la construction de la culture européenne depuis le début de son histoire, de l’époque Byzantine en passant par l’ère ottomane, à la nouvelle république dont il faut rappeler sans cesse que cette dernière est membre fondatrice de l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) en 1948, membre du Conseil de l’Europe dés 1949, que c’est le général de Gaulle lui-même qui signa les accords d’Ankara en 1963 qui lui ouvriront la possibilité d’entrer dans l’Union à l’heure où en tant que membre de l’OTAN elle était un partenaire privilégié des alliés dans la guerre froide. Et bien évidemment,
C’est dire si mon vieux “rêve du Bosphore” avec la dynamique fulgurante que la campagne « Europe Ecologie » a pris depuis 6 mois à transmettre passionnément notre amour de l’Europe et à expliquer patiemment son importance et le fonctionnement de ses institutions depuis 6 mois en rappelant que les lois européennes priment sur les lois nationales de Sarkozy… si par les intentions de vote qui nous donnent 3ème liste en France avec 15.5% et même deuxième en Ile de France devant le P.S à 19%... c’est dire, disais-je, si ce vieux “rêve du Bosphore” est en train de se réaliser ! Le rêve qu’un jour par l’ouverture vers le monde et le modèle de démocratie, d’égalité, de paix et de sauvegarde de l’environnement que pourra nous apporter l’adhésion pleine et entière d’une Turquie démocratique et respectueuse de l’environnement comme la rêvent en premier les peuples de Turquie ainsi que le rappelle brillamment notre Cem - cette Turquie qui vient d’ailleurs de ratifier les accords de Kyoto sur les gaz à effets de serre - nous pourrons enfin, tous ensemble réunis au sein de la grande famille de l’humanité, sauver la planète dont Yann Arthus Bertrand qui lui aussi votera Europe Ecologie nous rappelle qu’elle est en train de brûler.
Chaque vote, chaque votant quelque soit sont origine, son sexe, son orientation sexuelle, sa croyance ou non, chaque homme, chaque femme, chaque intersexe, chaque cœur qui bat compte pour notre avenir !
Parce que Saint Exupéry nous rappelait que « nous n’héritons pas la planète de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants », dimanche 7 juin, pour l’Europe, pour la planète, pour l’humanité…
YES WE CEM !















