Au début, rien. Enfin, rien… une étincelle ! Nous sommes à la fin du mois d’août à Seignosse dans les Landes où les fragrances de pin se mêlent à celles nettement moins odorantes des « blagues » de Brice Hortefeux. En pleines Journées d’été de l’UMP, posant pour une photo aux côtés d’Amin, un jeune militant d’origine maghrébine, alors qu’une femme à ces côtés vient de déclarer « il est comme nous, il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière », celui-ci répond : « Il ne correspond pas du tout au prototype. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes ». La chaîne parlementaire LCP a filmé toute la séquence et la met en ligne sur son site mais décide rapidement de la retirer, face à la polémique qui commence à enfler. Mais c’est déjà trop tard ! La video est reprise par le journal Le Monde, Charlie Hebdo met en ligne sur son site une pétition demandant la démission du ministre qui a déjà recueilli à ce jour 13 844 signatures, quant au MRAP, il porte plainte et le 17 décembre prochain, devant la 17e chambre du Tribunal correctionnel de Paris, Brice Hortefeux sera cité à comparaitre pour injure à caractère racistes.
Nadia Lamarkbi elle, comme bon nombre de ses concitoyens, est chez elle à tourner en rond et ruminer sa colère contre les propos du ministre dans son coin. Pour elle, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase : « la première fois on a rien dit, la deuxième fois on a rien dit... ». C’est alors que Nadia se rappelle du mouvement des immigrants hispaniques qui, en 2006, avaient paralysé toute la Californie par une journée de non participation à la vie économique du pays, pour protester contre une loi discriminatoire à l’encontre des immigrés. Nadia se dit qu’il faudrait transposer ce mouvement en France. Instaurer une journée sans immigrés. Sur l’instant, journaliste de profession, elle lance l’idée sur le seul support qu’elle tient à portée de main, Internet. Elle ouvre un groupe sur le réseau Facebook qu’elle intitule « La journée sans immigrés : 24 heures sans nous ». Elle y invite tous ces « amis » Facebook et rapidement le groupe prend de l’ampleur au point de réunir aujourd’hui déjà près de 3000 membres.
Une première réunion d’information est faite à la bourse du travail de Saint Denis le 30 septembre et un manifeste est présenté. Il appelle les « femmes et hommes, de toutes croyances, de tous bords politiques, et de toutes couleurs de peaux, immigrés, descendants d’immigrés, citoyens conscients de l’apport essentiel de l’immigration à notre pays » à ne pas participer à la vie économique du pays le 1er mars prochain, en n’allant pas travailler et en ne consommant pas. Comme Sartre définissait le juif, il définit l’immigré comme « celui qui est perçu comme tel par les autres au-delà même de ses origines ». Il entend « se réapproprier et réhabiliter ce terme (immigré) devenu péjoratif par la force de l’instrumentalisation politique » et refuse « les stéréotypes véhiculés qui menacent notre cohésion sociale » ainsi qu’à ce que les « bienfaits passés, présents et futurs des immigrés qui ont toujours construit la France soient ainsi niés d’un trait ». Et prend pour date le 1er mars en raison de l’entrée en vigueur le 1er mars 2005 du « code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile » (CESEDA), plus communément appelé le code des étrangers. Pour le collectif, « cette loi symbolise une conception utilitariste de l’immigration, en d’autres termes, une immigration choisie sur critères économiques ».
Ainsi, le collectif qui espère ébranler les vieux tabous sur l’immigration de la société française espère faire bouger les lignes en touchant au nerf de la guerre : l’argent.
Après déjà un premier passage sur Génération FM et Beur FM, on trouve déjà dans Google 11 700 occurrences pour « la Journée Sans Immigrés ». Le manifeste a déjà été repris abondamment sur la toile par de nombreux citoyens dont certains sont des politiques, ou d'autres encore des associations comme RESF qui a relayé le manifeste sur son site...
Alors que donnerait une journée sans immigrés en France quand on sait l’apport de l’immigration dans de nombreuses branches comme le bâtiment ou le milieu hospitalier ? Nul et l’écrasante majorité d’entre nous, au regard de notre histoire, aimerait à ne jamais le savoir. N’est-ce pas là déjà d’ailleurs une première raison pour se joindre au collectif lors du 1er mars prochain ? Une chose est sûre cependant, c’est que ce jour là, suite aux propos d’Hortefeux, la France pourrait bien s’apercevoir que les immigrés, si pour certains quand il y en a qu’un c’est amplement suffisant, en revanche c’est lorsqu’il n’y en aura plus du tout que pour la majorité d’entre nous cela risque d’être véritablement catastrophique !
Le débat sur la Burqa fait rage ces jours-ci dans la presse. J’avais d’ailleurs la chance d’en parler pas plus tard que vendredi dernier avec Gaye Petek française originaire de Turquie, fondatrice de la prestigieuse association Elele (du turc : main dans la main) qui s’occupe de l’intégration des originaires de Turquie et lutte notamment contre les mariages forcés. Gaye Petek est aussi ex-membre de la commission Stasi pour la laïcité en 2002, a été vice-présidente du Conseil National pour l'Intégration des Populations Immigrées (CNIPI), est membre du Conseil d'Administration du FASILD et membre du Haut Conseil à l'Intégration (HCI) et a par ailleurs été décorée de l’Ordre National du Mérite et nommée Chevalier de la Légion d’honneur. C’est dire si quand Gaye ouvre la bouche pour parler de laïcité, il convient de l’écouter… religieusement ! Tant on ne peut soupçonner Gaye de laxisme avec l’islamisme. Et c’est peu dire… Gaye nous expliquait donc, à Demet l’amie qui m’accompagnait et à moi-même, comment elle avait assez mal vécu le débat sur la laïcité de la commission Stasi sur le port du voile. La commission ayant été rendue publique et laissée en pâturage à une presse française à sensation plus intéressée par montrer des femmes voilées que d’appréhender un débat de fond sur la complexité de l’intégration des populations originaires du monde musulman dans leurs ensembles. Toutes les femmes musulmanes interrogées par la commission Stasi ne portant pas forcément le voile, ce furent pourtant ces dernières, ultra minoritaires, qui furent mises sous les feux de la rampe, comme si elles représentaient à elles-seules l’ensemble de nos concitoyennes musulmanes. Qu’importe ! Ce qui intéressait la presse était de vendre. Et pour vendre dans les chaumières, il fallait du juteux : c'est-à-dire des femmes voilées. Et qu’importe après tout si cela allait donner une image faussée des françaises de confession musulmane. Une image faussée qui par la caricature allait encore un peu plus creuser l’écart entre les cultures et ainsi corroborer un prétendu choc des civilisations. Gaye prévoyait l’ouverture très prochainement d’une commission parlementaire sur la burqa, espérant que celle-ci serait faite à huis-clos.
Ce fut chose faite mardi où après une proposition de résolution le 17 juin afin de créer une commission d’enquête parlementaire sur le port de la burqa ou du niqab par le député PCF André Gerin, le texte fut signé par 58 députés majoritairement de droite (3 PCF, 7 PS, 43 UMP, 2 NC, 3 NI). Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale a alors annoncé la création d'une mission parlementaire composée de 32 députés de tous horizons politiques et qui devrait travailler à partir de juillet et pendant six mois sur la question du port du voile intégral en France. Décision prise à l'unanimité lors de la conférence des présidents, réunie comme chaque mardi matin, pour fixer l'ordre du jour de l'Assemblée.
Déjà la levée de cette commission en dit long sur la problématique du voile. En effet, alors que la défense de la laïcité et l’égalité homme-femme sont généralement connus pour étant des valeurs traditionnellement défendues par la gauche, nous sommes en droit de nous demander comment un député de l’extrême gauche a-t-il bien pu faire pour trouver comme plus solide appui l’UMP de Nicolas Sarkozy ? Pour le comprendre il nous faut remonter aux sources, c’est à dire… à Vénissieux !
Vénissieux où 3 des 7 français détenus à Guantanamo sont originaires. Vénissieux où Tariq Ramadan, intellectuel controversé de la mouvance extrémiste des frères musulmans, a donné ses premières conférences dans les gymnases locaux qui n’auraient pu se faire sans l’accord de la municipalité. Municipalité tenue alors devinez par qui ? Vénissieux d’où l’imam Abdelkader Bouziane a été expulsé du territoire français le 21 avril 2004 pour avoir affirmé que « le Coran autorisait dans certains cas un musulman à battre sa femme ».Vénissieux où est né le fameux mouvement black, blanc, beur à l’ombre des tours de béton des Minguettes et où une quinzaine de jeunes ont l’idée dés 1983, d’ « une marche pour l’égalité », rebaptisée « Marche des beurs », plaçant leurs espoirs dans une gauche caviar qui n’en retiendra que la caricature exotique et non un mouvement réclamant à l’origine l’égalité républicaine, dont la désillusion donnera naissance au communautarisme. Une frustration des français originaires du Maghreb que le sociologue Azouz Begag explique ainsi : « Jack Lang, François Mitterrand et Julien Dray ont repéré à l'époque un mouvement spontané de jeunes de la France bigarrée. Ils ont voulu en faire une force de frappe politique. Les jeunes des Minguettes se sont crus représentés par les bouffonneries de SOS-Racisme. (Rappelons nous que c’est l’époque de la création de SOS racisme qui a dés son origine un slogan « Touche pas à mon pote », porté par Coluche). Mais, dans les faits, ils ont été spoliés et déboutés de leur demande de participation au pouvoir local et national. Ils ont été victimes de l'instrumentalisation mitterrandienne. »
Dans les années 80, suite à cette déception, la ville se paupérise perdant 15000 habitants en 15 ans, seuls restent les plus pauvres avec leurs cortèges de misères et de délinquance. Dans ce contexte arrivent dés 1984 les premiers étudiants islamistes qui investissent les facs apportant aux jeunes de Vénissieux un soutien et une reconnaissance dont ils avaient tant soif. Ce que la République ne leur a pas donné, les islamistes du Front Islamique Algérien leurs offriront sur un plateau d’argent. Ce sera le début de l’islam identitaire et le commencement de la descente aux Enfers de la majorité de nos concitoyens de confession musulmane qui verront l’islamisme grimper en flèche dans les quartiers et gagner d’autres villes de France, voyant leurs frères et leurs fils partir vers les camps d’entrainement d’Afghanistan sans que les pouvoir publics ne bougent le petit doigt. Ah ! Vénissieux !
Vénissieux où André Gerin, notre député est conseiller municipale depuis mars 1977 alors que je n’avais à peine que 2 ans mais cela tout le monde s’en fout (Pouf, pouf !) et maire depuis 1985. C’est dire si en plus de 30 ans, en tant que conseiller municipal et Maire de Vénissieux, tout en ayant été député du Rhône depuis 1993 après avoir été membre du conseil général sur deux mandats… si Monsieur Gérin a eu le temps de voir arriver sœur Anne de loin dans sa ville qui est aujourd’hui un des bastion de l’islamisme en France, et s’il a eu le temps d’en prévenir les pouvoirs publics qu’il représentait en grande partie, lorsque la gauche était au pouvoir. Mais savez-vous quel surnom est donné à André Gérin à Vénissieux ? Je vous le donne en mille : « l’imam rouge » ! Parce qu’en 30 ans, l’imam rouge a refusé l’implantation d’une grande mosquée au détriment d’associations prétendument culturelles et de mosquées s’installant dans des caves et prônant un islam troglodyte. Acculer les gens dans leurs cases exotiques respectives a ceci de bien commode, qu’on peut manipuler les masses plus facilement. Communautarisme, quand tu nous tiens…
Mais revenons à la burqa où depuis tout temps ses partisans se sont lancés dans une lutte acharnée contre les adorateurs de la boukha, cet alcool de figue qui avec le raki et le vin symbolise à lui seul le côté éclairé des peuples de Méditerranée. (Je sais j’exagère, mais que voulez-vous ? On est un fan du grand poète perse Omar Khayyam ou on ne l’est pas !) Une lutte à mort des iconoclastes contre les iconolâtres, de ceux qui vénèrent les traditions liberticides et ceux qui les brisent dans les sons pop rock au nom du Plaisir et de la Liberté. Un schisme digne de celui de 1054 qui scinda en deux le monde chrétien à jamais. Où sont tombés au champ d’honneur pour l’amour, la liberté et la fraternité entre les peuples les chanteurs et Matoub Lounès et Cheb Hasni pour ne citer qu’eux…
Dans cette longue marche vers l’universalité de l’espèce humaine il faut rappeler que les originaires du monde musulman sont ceux qui ont déjà payé le plus lourd tribu. Ajoutons à cela que ce n’est pas parce que l’on habite dans un monde à majorité musulmane ou chrétienne qu’on épouse forcément la croyance majoritaire et que l’on n’est pas d’une croyance minoritaire, simple déiste, agnostique ou même carrément athée. Un lourd tribu, disais-je donc, à l’image de celui payé par le peuple durant les années 90 ou celui que paye le peuple iranien depuis 30 ans. Un tribu dont la CIA et les européens, pour avoir financé un temps les groupes islamistes jusqu’à l’instauration de régimes basés sur la Chariah afin de faire rempart contre le bloc communiste du temps de la guerre froide, sont en partie responsables. Il faut rappeler aussi que les musulmans victimes de l’islamisme, sont victimes bien souvent d’une double peine qui se caractérise d’une part par l’oppression d’un islam radicale qu’ils n’ont en grande majorité pas désiré, et d’autre part par le regard que nous portons sur eux.
Cette lutte à mort est aujourd’hui visible dans nos rues avec l’apparition de femmes portant la burqa. Prenons garde à comment toi et moi allons réagir auquel cas, par le rejet globale du monde musulman que nous pourrions montrer, nous ne ferions rien d’autre qu’alimenter une fois de plus l’islamisme. Bien sûr, tu as entièrement raison, et je ne reviendrais pas là-dessus : le voile est un asservissement de l’homme sur la femme. Tu as encore raison lorsque tu dis que cela n’est même pas une question de religion, qu’un instituteur qui remet un enfant à sa mère, qu’un officier de police effectue un contrôle d’identité, qu’un postier qui remet un colis, tous doivent tous pouvoir reconnaître le visage de la femme à laquelle ils s’adressent. Et tu as toujours raison lorsque tu dis qu’il ne faut pas être naïf et que pour une femme qui porte la burqa de plein grés, nombreuses sont celles qui le font sous la pression familiale ou communautaire, et que par conséquent, il faut utiliser le principe de précaution.
Néanmoins je ne crois pas que l’ouverture d’une commission pour interdire spécialement la burqa puisse vraiment arranger les choses, même s’il faille, au fond, l’interdire. Je m’explique : dans le même cas de figure ce n’est pas parce que tu vas interdire aux témoins de Jéhovah de venir marcher sur tes plates bandes, parce que chez eux aussi la femme est inférieure à l’homme, que tu vas pour autant rendre les femmes de cette secte plus libre.
Pourtant en ce qui concerne la burqa, en novembre 2007, c’est bien ce que le conseil d’Etat a fait en refusant la nationalité française à Faiza, une marocaine âgée de 32 ans, mariée à un français et mère de 3 enfants nés en France, au motif d’avoir « adopté, au nom d'une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment le principe d'égalité des sexes ». Bien sûr le but n’est pas là de dire qu’il ne faille pas condamner les actes allant contre les valeurs de la République. Mais il est intéressant de savoir que Faiza si elle avouait mener « une vie presque recluse et retranchée de la société française », n’avoir « aucune idée sur la laïcité ou le droit de vote » et vivre « dans la soumission totale aux hommes de sa famille », cette dernière n’était cependant pas voilée lorsqu’elle vivait au Maroc et « n'a adopté ce costume qu'après son arrivée en France à la demande de son mari et qu'elle le porte plus par habitude que par conviction ». Preuve s’il en est que les communautés vivant un repli identitaire sont bien souvent de bien tristes vitrines des pays d’origine qu’elles n’ont pas vu, ou pas voulu voir évoluer.
Ce que je veux dire, c’est qu’ainsi, en condamnant la femme et non l’homme, les juges qui croyaient rendre la justice n’ont pas condamné le bourreau mais la victime. Car le fond du problème n’est pas la burqa ou le port de la burqa par elle-même. Le fond du problème est le salafisme, ce courant intégriste de l’islam radical qui offre aux hommes le motif saugrenu d’asservir la femme. Le salafisme n’a rien à voir avec l’islam vécu de façon personnelle et éclairée des millions de nos concitoyens de confession musulmane qui l’adaptent à leurs sauces, en vivant avec leur époque. Le salafisme gangrène la cohésion sociale et l’égalité homme-femme de nos sociétés. Disons le franchement : le salafisme est une secte comme les témoins de Jéhovah ou la scientologie. Et comme toutes les sectes, ceux qui la prêchent et asservissent leurs concitoyens n’ont rien à voir avec notre république du vivre ensemble et doivent être condamnés.
Ce n’est donc pas une commission sur la burqa qu’il fallait ouvrir. Celle-ci n’aura pour effet que d’isoler encore un peu plus la femme musulmane par la caricature qu’en feront les médias au risque de l’acculer encore un peu plus au repli identitaire. Ne tombons pas dans le jeu des d’une certaine gauche réactionnaire qui pendant 30 ans a joué à celui du communautarisme en caricaturant avec condescendance nos concitoyens de confession musulmane, ou ayant un nom à consonance originaire des pays du sud de la Méditerranée, et qui se réfugient maintenant derrière un amour prétendu de la laïcité. Parce qu’ils se sont aperçus du jour au lendemain que la frustration qu’ils avaient alimenté a finit par leur revenir au visage et voient aujourd’hui fleurir un peu partout en France des listes issues de cette diversité qu’ils ont tant méprisé, pas toujours démocrates il est vrai, et qui recueillent dans certaines communes de 10 à 15 % aux municipales. Ne tombons pas non plus dans le jeu de la droite et de l’extrême droite pour qui la burqa serait une aubaine de nous détourner de la crise économique que nous subissons tous en stigmatisant une fois de plus nos concitoyens musulmans par une vision unique et rétrograde de ceux-ci. Je le dis clairement : ne les laissons pas nous diviser !
La première personne à laquelle nous devons penser est à cette femme sous la burqa. Ne lui imposons pas ce qu’Agathe André dans le Charlie Hebdo du 24 juin 2009 désigne comme « la double peine : opprimée par les hommes, conchiés par ses concitoyens ». Regardons cette femme avec courage, sans crainte, et posons sur elle aussi difficile que cela puisse nous paraître, un regard humain. Comme nous le ferions pour n’importe quelle victime d’accident ou de viol. Cette femme est la victime d’une secte. Une secte machiste comme tant d’autres. Une secte qui l’a endoctrinée, volé sa jeunesse, sa liberté, et tout esprit d’analyse cohérente. Ne lui volons pas encore en plus sa dignité. Ne lui volons pas encore en plus l’assistance à laquelle toute personne en détresse à droit.
Et exigeons une commission d’experts qui auditionnera des « échantillons représentatifs de la société » incluant des personnes originaires du monde à majorité musulmane. Ce « monde de la boukha » duquel nous avons tant à apprendre. Et tant à partager. Battons nous aux côtés de nos jumelles et de nos jumeaux originaires de ce monde à majorité musulmane éclairé, et non en les ignorant comme nous ne l’avons fait que trop souvent. Comme nous avons tendance à le faire trop facilement. Exigeons que cette commission interdise le salafisme comme elle vient de le faire récemment pour la scientologie. Exigeons que cette commission interdise les sectes machistes et condamne ses prêcheurs ainsi que les hommes qui y entraineraient leurs familles à de lourdes peines d’amendes, voire de prison. Exigeons que soit sécurisées les entreprises en autorisant les employeurs à exiger des tenues correctes « laïques » sous peines de sanction et de renvoi, sans pour autant craindre d’être envoyé aux prudhommes par des femmes ou des hommes ayant changé de tenues vestimentaires après leurs embauche. Afin que l’intégrisme religieux ne pénètre plus les PME-PMI et ne gagne les salariés. Que ces dernières demeurent un espace de cohésion sociale. Exigeons que nos médias mettent en lumière la majorité des musulmans éclairés vivant en harmonie au sein de la République. Exigeons enfin de nos politiques qu’ils cessent de mépriser la représentativité du peuple et intègrent sur leurs listes lors des élections, sans discrimination aucune, des candidats issus du monde arabo musulman à des postes éligibles et non des « faire-valoir de la diversité ». Que plus jamais nous ne nourrissions un repli identitaire mettant en danger les fondements de notre république, d’autant plus que, nous l’avons vu lors de l’affaire des caricatures de Charlie Hebdo, les intégrismes se nourrissent entre eux. Que plus jamais ne puisse perdurer sans être inquiété, et les sectes portant atteinte à la dignité humaine, et ceux qui les ont nourri. Que plus jamais nous ne nous laissions abuser par le jeu dangereux de la stigmatisation et de la haine qui, si nous n’y prenons garde, par le manque de solidarité et par l’individualisme auquel il nous invite, finira par nous enfermer tous ensemble dans une prison bien plus grande encore que celle de la burqa. Le totalitarisme brun qui hôte à chaque être humain toute humanité et le rend à l’état de machine. Et prive chaque femme de la liberté sacrée de disposer de son corps. Que toujours tu te souviennes de ces mots d’Antoine de Saint-Exupéry : « la termitière future m’épouvante et je hais leurs vertus de robots. Moi, j’étais fait pour être jardinier... »
C’était juste un peu avant l’arrivée du nazisme… Que plus jamais nous ne laissions quiconque nous diviser sans réagir !
Ca faisait tellement longtemps qu’il me chatouillait la libido ce titre, que ce serait quand même malheureux que je m’en prive ! Il faut dire, les copains le savent bien, que je ne porte pas le PS dans mon cœur. Et puis surtout, après la victoire historique que vient de faire la liste Europe Ecologie dimanche dernier ! Je sais, j’ai mis longtemps à faire surface. Parce que faut pas croire, mais la campagne c’est pas terminé après les élections. Après y’a la joie, bien sûr, mais y’a aussi les analyses. On se creuse la tronche dans l’ivresse pour savoir ce qu’il s’est passé, un peu comme un type ivre mortqui cherche ses clefs qu’il a laissé sur le comptoir. Bourré, tu réfléchis toujours un peu avec la même clairvoyance qu’un marchand de poisson qui se mettrait à vendre des sapins de Noël dans un cimetière. T’as l’air un peu bête, comme ça, après les élections. T’as envie de continuer la campagne, mais tout est terminé. « C’est plié ! » comme dirait mon copain Abdel. La victoire de ce 7 juin 2009, et bien c’est comme ça qu’on l’a vécu avec les copains. Comme des marins irlandais perdus dans la tempête et qui se sont réfugiés au pub pour y chercher de la bière et un baiser. Un baiser vert. Comme le V de Victoire. Un véritable trèfle à 4 feuilles. Vert comme l’Irlande que tu vas cueillir en fermant les yeux, vert comme l’espérance… et maintenant que j’ai à peu prés décuité, je vais tenter de te raconter cette victoire là. Comme je l’ai vécue. Comme lorsque t’embrasses pour la première fois la plus belle fille que t’aie jamais vu et que tu ne veux pas rouvrir les yeux. De peur de l’avoir rêvé…
L’œil de Jade
Faut dire qu’avec les copains, depuis les journées d’été à Toulouse il y a un an, où s’étaient réunis les copains comme traditionnellement chaque année à la même date dans un lieu différent – cette année ce sera à Nîmes – on ne peut pas dire qu’on aura vraiment chômé ! Là bas il s’est passé un truc incroyable : les frangines et les frangins de la grande famille de l’écologie ont arrêté de se foutre sur la gueule. C’est vrai que les copains en parlaient depuis des années, mais très sincèrement on y croyait plus. Et puis y’a eu la môme Cécile. Duflot, bien sûr. Secrétaire nationale à 34 piges. Vises un peu : my age ! Yes, sir ! Avec le Dany et le José elle a rassemblé la familia qui se faisait la gueule depuis que l’un avait dit non au Traité Constitutionnel Européen en 2005 et l’autre oui. Miracle ! Comme je te le dis ! Et puis la Sandrine est venue, le Yannick, et surtout la Eva. Ah ! La Eva ! Le genre de femme que t’aimerais avoir de l’autre côté du bureau quand tu te rends chez ton banquier. Et au travers des écolos, c’est la gauche toute entière qui s’est vue dans le miroir, de l’extrême gauche José et Karima au centre de Dany en passant par la gauche traditionnelle d’Eva. A tel point qu’on a même réussi à reprendre les voix du PS qui s’étaient fourvoyées au Modem quand Bayrou avait sa campagne sur l’indépendance des médias en 2007. Faut dire qu’on a dansé, et pas que la valse ! Mais aussi le tango. Rock n’ roll, même parfois ! J’te raconterais, peut-être, un autre jour… Pour faire court, pas un nous donnait le score que nous avons fait. La caricature allait de bon train dans les médias sur les écolos et les petits oiseaux. Comme si l’écologie politique se résumait à la défense des Gobe-mouches nains ! Mais pendant que les uns préparait à droite leurs présidentielles et que les autres appelaient à « voter utile » en copiant jusqu’au mot prés le programme des Verts, avec les copains et ceux qui ont aimé nous suivre, nous avons continué pépère à faire la campagne, en expliquant ce que nous entendions par notre rêve européen. Et puis ce qui devait arriver arriva… La lumière a jaillit des urnes ! Enfin pas que la lumière… y’avait aussi de la boue brune… qui n’avait pas que l’odeur de la boue d’ailleurs ! Mais revenons pour l’heure sur la lumière…
La rivière émeraude
Ce soir du 7 juin 2009, pour tout te dire, je m’en souviendrais toute ma vie. Comme j’ai décidé d’en prendre l’habitude depuis les dernières municipales, j’avais décidé d’être assesseur dans la petite commune où je vote. Là où Mirambeau, maire UMP, a attaqué pris la commune à l’arme blanche et par derrière en faisant campagne sur une liste « sans étiquette ». Cette commune historiquement de gauche et qui était dans l’escarcelle du PS était alors tombée à droite pour quelques voix parce que Madame le Maire, c’est ballot, avait dénié faire campagne. A 20 h j’étais au dépouillement. J’annonçais à haut voix les têtes de listes que ma coéquipière de l’instant me tendait après avoir sortie de l’enveloppe. C’est dire si je n’en croyais pas ce que je lisais. Si cette voix était une autre que la mienne. C’est dire si je n’en croyais pas mes oreilles quand venues des tables derrière moi, j’entendais énoncer : « Daniel Cohn-Bendit ! Daniel Cohn-Bendit… Daniel Cohn-Bendit… » On aurait cru que les urnes venaient de vomir une rivière d’émeraudes. C’est con, mais t’aurais presque eu envie de te barrer avec la pile des bulletins de vote verts pour aller les enterrer loin dans le jardin sous le cerisier comme si c’était un trésor. Un trésor, oui. Et un beau. De pirate des mers du Sud ! D’océans ! J’aurais voulu hurler Rimbaud dans cette petite salle des mariages : « L'eau verte pénétra ma coque de sapin,et des taches de vins bleus et des vomissures,me lava, dispersant gouvernail et grappin. Et dès lors, je me suis baigné dans le poèmede la mer, infusé d'astres, et lactescent,dévorant les azurs verts; où, flottaison blême et ravie, un noyé pensif parfois descend… ».
Comme une odeur de sapin…
C’est sûr que ça sent le sapin ! Et pas qu’un peu ! Le noyé pensif qui est en train de descendre, à l’heure où je te cause, c’est le parti socialiste. Ah ! Il a de quoi être songeur avec la volée qu’il s’est ramassé. C’est sûr ! A force de rififis en internes, à force de caricaturer ses partenaires de gauche, à force de plagier leurs programmes sociaux ou écologiques, à force de crier « gare au loup » d’extrême droite et d’appeler au vote utile en prenant l’électeur pour le dernier des imbéciles, l’électeur a finit par ne plus avoir peur du loup et s’en est allé voter avec courage pour ses idées. Parce que c’est bien ce que t’as fais, non ? T’en as eu ras le bol en cette période de crise de voir les programmes d’un parti acquis au libéralisme depuis Mitterrand et qui a donné la merde dans laquelle nous sommes tous. Parce que comme l’a rappelé brillamment un copain, Pierre, quelques jours avant la campagne : « Le PS fait semblant d'être un parti de gauche mais vote les traités européens qui libéralisent à tout va les économies européennes. Le texte le plus libéral fait par l'UE est l'Acte unique Européen, son maître d'œuvre fut le socialiste Jacques Delors que son PS voulait comme candidat en 1995, il fut signé par un Président PS, Mitterrand, et par un Premier ministre PS, Laurent Fabius. Ce sont encore des socialistes qui étaient au pouvoir quand furent acceptés les critères libéraux de Maastricht et l'indépendante de la monnaie de toute politique économique où plutôt répondant aux critères d'une politique libérale. C'est Jospin qui signa les accords de Barcelone qui prévoyaient la réforme des retraites que fit Raffarin. 'Europe libérale doit donc beaucoup à nos socialistes et il est beau de prétendre en France défendre nos services publics quand on Co-rédige au niveau de l'UE des traités qui prévoient leur mise en concurrence. Tous ceux qui travaillent à la poste savent d'ailleurs sous quels gouvernements s'est développée la précarisation du personnel ». Devenu depuis longtemps un parti de droite torturé entre sa vision libérale de l’économie, Ségolène qui voulait réinstaurer les maisons de corrections à 13 ans, et son obligation de tinter d’écolo et de social ses programmes pour faire bonne figure, le PS a fini par payer sa félonie. Comme m’a dit cyniquement un sympathisant de gauche le soir de l’élection : « vous avez raison, quand la bête est malade à ce point là, il vaut mieux l’achever ».
Le rêve vert…
C’est vrai, on a assommé la bête un bon coup, mais le cadavre risque de bouger encore à la Noël. Alors il nous faudra l’achever à Pacques. Avec les cloches. Il faudra faire sonner le tocsin. T’es venu en bande, dés le lendemain des élections, pour me dire baignant dans le bonheur que t’avais voté Europe Ecologie. Ce soir, je pense surtout à mes frangines et mes frangins originaires de Turquie. Je pense à Suna qui m’a dit comme tant d’autres : « maintenant vous avez intérêt d’assurer ! ». Alors je te promets rien. C’est là d’ailleurs la différence entre les écolos et les autres, généralement on promet rien. On dit qu’on va faire ce qu’on peut. Et les copains feront ce qu’ils peuvent, j’en suis sûr ! Pascal Canfin qui présidait la commission économique et sociale des Verts fera ce qu’il peut comme il a fait ce qu’il a pu pour élaborer avec les copains le programme économique vert innovant que nous t’avons présenté. Comme Karima Delli fera ce qu’elle peut, comme elle l’a toujours fait dans la rue, pour obtenir des logements étudiants ou protester contre le libéralisme avec « sauvons les riches ». Comme Michèle Rivasi a fait ce qu’elle a pu, en créant la Crirad au lendemain de Tchernobyl pour alerter les populations, sous la présidence de François Mitterand, quand les autorités te faisaient croire que le nuage contaminé n’avait pas passé la frontière. Comme Eva Joly a fait ce qu’elle a pu, en levant le point contre les grandes compagnies pétrolières, et malgré le déchainement médiatique, en arrivant à incarcérer le PDF d’ELF. Tous cela feront ce qu’ils pourront, tu peux me croire, aussi vrai que c’est ce qu’ils ont toujours fait depuis des années parce qu’ils ne savaient pas faire autrement. Mais sincèrement ce sera dur avec la vague brune qui vient de déferler sur l’Europe. Alors il faudra les aider. Relever les manches et en remettre un coup. Refaire ce que t’as fais au soir de ce 7 juin. Belote aux européennes, rebelote aux régionales. Avant de terminer en beauté sur un 10 de der aux présidentielles de 2012. Là, c’est encore trop tôt pour en parler, mais les Verts pourraient créer la surprise au en arrivant au second tour. L’issue du scrutin des européennes a montré que la France est majoritairement à gauche. Les français, étant centristes par nature, et agacés par la politique ultralibérale, sécuritaire, et anti-écologique, il n’est pas interdit de penser qu’ils voteraient en masse contre Sarkozy au deuxième tour, pour les Verts qui par ailleurs sont le parti préféré des français dans les sondages depuis des années. Mais nous n’en sommes pas encore là…
« Et maintenant ? »
« Et maintenant ? » me demandait une militante ? Et bien maintenant il va falloir continuer, nous tous, comme on a commencé, rassemblés, unis dans la tempête. Premier objectif : t’inscrire sur les listes électorales en allant à ta mairie si ce n’est pas fait. Et faire inscrire. Le 31 décembre il sera trop tard. Tu connais la chanson ! Deuxième objectif : les régionales. Là il va falloir cartonner pour mettre un maximum de conseiller régionaux. La campagne sera acharnée. Mais tu ne dois jamais oublier que tu peux y arriver. Comme tu y es arrivé ce 7 juin. Parce que tu as refusé de voter pour autre chose que pour tes idées. Et avec toi le peuple s’est levé pour changer le monde et adopter un mode de vie écologique. Il est maintenant en marche. Gays, lesbiennes, transsexuelles ou inter sexes. Français originaires de Bretagne, de Turquie ou du Mali. Médecins, chômeurs, ou étudiants. Demain arrive le temps des affiches et de la colle, des tracts, des marchés, des banderoles, des meetings, des poings levés et des hauts parleurs. Demain c’est sûr, si tu ne baisses pas les bras à deux mètres de la ligne d’arrivée, ils peuvent bien rire et se moquer de nous les autres, mais qu’ils le veuillent ou non, nous changerons la planête.
« Madame la Présidente, je voudrais commencer par remercier le rapporteur (de la commission) pour sa correcte coopération et son rapport très équitable. Le rapport met en lumières les points critiques identifiés par les gens de Turquie eux-mêmes : par exemple, la solution au problème kurde sur un consensus de base tout en sauvegardant les droits à tous les groupes ethniques de Turquie, le problème du foulard en Turquie, ce qui inclus le respect des intérêts de ceux qui ne veulent pas porter le foulard, et la solution à la liberté religieuse qui doit s’appliquer à chacun en Turquie, incluant les alevis, les chrétiens et le Patriarcat Œcuménique d’Istanbul par exemple ».
A l’image de Cem Özdemir qui est cela dit en passant un des parlementaires européens les plus fidèles à son groupe avec un taux de loyalisme à 98.08 %, les Verts Français et les Verts Européens ont toujours soutenu ce que Dany Cohn-Bendit appelait pas plus tard que ce mercredi dans un Zénith de Paris rempli à craquer « le rêve du Bosphore ». L’adhésion pleine et entière de ce grand pays qui a participé à la construction de la culture européenne depuis le début de son histoire, de l’époque Byzantine en passant par l’ère ottomane, à la nouvelle république dont il faut rappeler sans cesse que cette dernière est membre fondatrice de l'Organisation européenne de coopération économique(OECE) en 1948, membre du Conseil de l’Europe dés 1949, que c’est le général de Gaulle lui-même qui signa les accords d’Ankara en 1963 qui lui ouvriront la possibilité d’entrer dans l’Union à l’heure où en tant que membre de l’OTAN elle était un partenaire privilégié des alliés dans la guerre froide. Et bien évidemment, la Turquie est membre de nombre d’organisations européennes culturelles ou sociales comme le tournoi de l’UEFA ou le Forum Social Européen qui se déroulera d’ailleurs en 2010 à Istanbul, alors devenue capitale européenne de la culture.
C’est dire si mon vieux “rêve du Bosphore”avec la dynamique fulgurante que la campagne « Europe Ecologie » a pris depuis 6 mois à transmettre passionnément notre amour de l’Europe et à expliquer patiemment son importance et le fonctionnement de ses institutions depuis 6 mois en rappelant que les lois européennes priment sur les lois nationales de Sarkozy… si par les intentions de vote qui nous donnent 3ème liste en France avec 15.5% et même deuxième en Ile de France devant le P.S à 19%... c’est dire, disais-je, si ce vieux “rêve du Bosphore” est en train de se réaliser ! Le rêve qu’un jour par l’ouverture vers le monde et le modèle de démocratie, d’égalité, de paix et de sauvegarde de l’environnement que pourra nous apporter l’adhésion pleine et entière d’une Turquie démocratique et respectueuse de l’environnement comme la rêvent en premier les peuples de Turquie ainsi que le rappelle brillamment notre Cem - cette Turquie qui vient d’ailleurs de ratifier les accords de Kyoto sur les gaz à effets de serre - nous pourrons enfin, tous ensemble réunis au sein de la grande famille de l’humanité, sauver la planète dont Yann Arthus Bertrand qui lui aussi votera Europe Ecologie nous rappelle qu’elle est en train de brûler.
Chaque vote, chaque votant quelque soit sont origine, son sexe, son orientation sexuelle, sa croyance ou non, chaque homme, chaque femme, chaque intersexe, chaque cœur qui bat compte pour notre avenir !
Parce que Saint Exupéry nous rappelait que « nous n’héritons pas la planète de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants », dimanche 7 juin, pour l’Europe, pour la planète, pour l’humanité…
Gabrielle est une jeune fille étudiante de 22 ans et à en voir son profile sur Facebook elle aime la littérature, les penseurs indiens, les champs de coquelicots où elle se fait photographier avec ses amies. Comme Gabrielle se sent particulièrement sensibilisée à la lutte pour l’environnement, elle me demande de l’éclairer pour savoir vers qui elle va porter son vote dimanche. Si Gabrielle requiert mon aide, c’est surtout parce qu’elle se sent perdu dans son choix. Il est vrai qu’il y a plus de 70 listes sur l’Ile de France ! Et surtout, Gabrielle est perplexe car me dit-elle : « y'a plusieurs partis verts à Paris et j'ai fait une procuration pour Cazouls l'Hérault alors ce n’est pas les mêmes listes pour toutes. Et puis maintenant tous les partis de gauche se sont mis au vert!(sauf LO), et même le MODEM ! » Tout d’abord je voudrais dire que les interrogations de Gabrielle sont non seulement légitimes mais encore en plus, elles me rassurent. L’acte citoyen premier lors du vote est de se poser des questions au-et de ne pas voter simplement pour une « belle gueule ». Si tout le monde était comme Gabrielle, j’aurais des chances lors d’un scrutin malgré ma sale gueule ! Trêve de plaisanterie, en fait, Gabrielle, je ne vais pas te répondre pour te dire ce que tu dois voter. Pour la bonne et simple raison que l’anarco libertaire que je suis a toujours exécré les donneurs de leçons et les injonctions de vote pour untel ou unetelle. D’ailleurs les écologistes auxquels je fais partie ont une « autre façon de faire de la politique » et qui consiste tout d’abord à rappeler pourquoi nous devons voter. C’est ce que je faire. Je vais dire pourquoi, à mon sens, nous devons voter en générale, et en particulier pour ces élections. Ensuite je ne dirais pas à Gabrielle d’aller voter pour Europe Ecologie. Mais je vais lui expliquer dans la perspective d’un débat d’idée que j’ai construit en mon âme et conscience pendant ces mois de campagne, et pourquoi, moi, je vais aller voter pour Europe Ecologie. Ensuite, libre à Gabrielle de se dire si ses idées sont proches des miennes ou non, et à son tour, d’aller voter ou non pour la même liste que la mienne parce que nous partagerons les mêmes idées, les mêmes rêves ou non.
Pourquoi devons-nous tous aller voter
Gabrielle aime les citations. Pour te faire plaisir Gabrielle, je vais t’en faire cadeau d’une qui résume mot pour mot pourquoi nous devrions, à mon sens, tous aller voter. Elle nous vient d’Abraham Lincoln : « un bulletin de vote est plus fort qu’une balle de fusil ». Il me semble qu’à l’approche des élections, nous devrions tous nous rappeler cela. Surtout nous qui n’avons pas connu la guerre. Surtout nous qui vivons dans l’espace aujourd’hui le plus pacifié au monde : l’Europe. Nous rappeler que si nous vivons depuis plus de 60 ans en paix avec nos concitoyens européens, c’est précisément parce que nous avons su faire le choix au moment de nos votes, de candidats assez avant-gardistes pour imaginer cette espace, ce refuge de l’humanité, ce fleuve d’espoir qui coule au milieu des tumultes pour se verser calmement dans la paix universelle, l’Europe. Je me rappelle, moi, des heures passées durant mon enfance à questionner ma grand-mère sur les horreurs de la guerre. Et ces images horribles qu’elle me livrait de soldats jeunes, anglais, des trous à la place des yeux pour avoir sauté sur les mines des plages de Dunkerque. Ces bombes qui pleuvait, la petitesse des gens se dénonçant les uns les autres, parce que la guerre les forçait à devenir minable pour survivre. Je me souviens aussi avoir interrogé ma grand-mère aujourd’hui naturellement acquise à l’adhésion turque, sur ce qu’auraient dit les français si il y a 60 ans on leur avait dit que français et allemand, un jour, deviendraient les meilleurs amis du monde. Sa réponse résonne encore à mon oreille : « Ils auraient dit : t’es pas un peu malade ? » Je me souviens aussi avoir lu dans le Parisien les propos d’un des derniers poilus de France, qui à 106 ans faisait ses mots croisés en allemand et était pour l’adhésion turque. Parce que toujours l’instauration de la paix sera plus bénéficiable à l’humanité et à la planète que la guerre. Oui, c’est pour ça que je vais aller voter dimanche. Comme à toutes les élections. Parce que j’ai dans mes chairs le sang de ceux qui ont versé le leur, tout au long de notre sanglante histoire commune, pour qu’un jour j’ai cette liberté, ce choix fantastique, de décider à qui j’allais remettre l’insigne honneur de me représenter et avoir entre ses mains l’orientation de l’avenir des miens. J’entends par les miens, mes proches, familles et amis, et les peuples de France et d’Europe desquels je me sens frère. Oui, on ne le dit pas assez : voter est un honneur que l’on fait à un élu. Et cet élu se doit d’en être digne et de prendre conscience pleine et entière de la lourdeur de la tâche qui pèse sur ses épaules. Être élu c’est avoir entre ses mains l’avenir de ses « administrés » et être non seulement le représentant mais aussi le garant de leurs espoirs, de leurs aspirations, de leurs rêves. Voilà pourquoi, aller voter est un devoir, un honneur, et même un hommage que l’on rend à ceux dont je parlais qui ont payé parfois au pris de leurs jeunesse ce droit que nous avons aujourd’hui, de décider de notre avenir. Et ce que nous soyons noirs, blancs, communistes, de droite, gays ou hétéros, aveugles ou avec un bras en moins, originaires de Turquie ou du Sri Lanka.
Pourquoi les européennes sont particulièrement importantes
Du 4 au 7 juin les 27 états membres de l’Union éliront un total de 732 députés répartis en fonction de la population par pays. La France avec 72 députés est un des pays qui en comptera le plus. Ceux-ci viendront de nos 8 euros régions que sont le Nord Ouest, l’Ouest, l’Est, le Massif Central-Centre, le Sud Ouest, le Sud Est, l’Ile de France sans oublier bien sûr nos concitoyens français et tout aussi européens que nous d’Outremer. Nos élus iront ensuite, suivant les idées politiques qu’ils représentent, grossir les rangs du groupe politique auxquels ils appartiennent au Parlement Européen. Je ne vais pas tous les faire mais les écologistes par exemple iront rejoindre le groupe des Verts / Alliance Libre Européenne qui dispose pour la mandature en cours au Parlement Européen de 42 sièges. C’est peu évidemment pour défendre l’environnement et insuffler un vent d’écologie devant un Parlement Européen de 732 députés qui doivent résister à la pression des lobbys, et notamment des lobbys financiers. Pour obtenir un député européen, en IDF par exemple, il faut au moins 6% des voix. Et c’est la région pour laquelle il faut le pourcentage le plus faible, de par sa population ! Aucune autre liste qu’Europe Ecologie, ne fait plus de 3 %. C’est pourquoi tu vois Gabrielle, je peux déjà te dire qu’en tant qu’écologiste, j’élimine les petites listes qui parce qu’elles n’ont pas les moyens de faire campagne, sont inaudibles et n’auront aucun élu. Or l’urgence de la « planète qui brûle » comme le disent les écolos, m’interdit de me risquer à envoyer mon vote par la fenêtre, le vote écologiste étant bien trop précieux. Et parfois quelques voix seulement suffisent pour avoir un élu de plus. Je voudrais en profiter pour dire sur cette histoire de groupes politiques au Parlement Européen, que c’est précisément parce que ce qui réunit les députés c’est leurs groupes de travail en fonction de leurs idées politiques et non de leurs nationalité que le chiffon rouge raciste du Modem à l’Extrême droite sur la Turquie faisant croire le contraire si avec 80 millions d’habitants donc autant de députés que les allemands, les Turcs venaient à entrer au Parlement, ils seraient tous alliés entre eux les uns les autres, est un subterfuge particulièrement malhonnête de la part de politique connaissant encore bien mieux que moi le fonctionnement des institutions. Autrement dit c’est vraiment prendre ses électeurs pour un ramassis de couillons ! Ensuite je voudrais dire que si les européennes sont aussi importantes que cela, ce n’est évidemment pas parce que nos députés sont parmi les mieux payés d’Europe, mais bien parce que les lois européennes primeront précisément sur les lois françaises. En clair, les directives votées au Parlement Européen peuvent rendre illégitime et donc caduques les lois de nos gouvernements, chez nous celles prises par le gouvernement Sarkozy 1er.
Pourquoi je ne voterais pas pour une autre liste
La première des choses que je voudrais dire concernant mon vote est que bien sûr, Gabrielle a entièrement raison, il y a des « écolos » dans tous les partis. Et tous les partis ont un programme environnemental de l’extrême gauche de Besancenot à l’extrême droite de Villiers. Et c’est tout naturel, l’environnement est aujourd’hui une des premières préoccupations des français lors des élections qui se disent sensibilisés à plus de 70% par l’écologie. Les femmes d’ailleurs plus que les hommes. C’est donc normal d’au moins s’y intéresser. Les partis raisonnant souvent en termes de parts de marchés, comme une entreprise. On peut donc dire que l’écologie est aujourd’hui un argument vendeur. Seulement voilà, il ne suffit pas de se réclamer écolo pour l’être vraiment. Et comme le répètent les écologistes depuis plus de 30 ans, l’écologie, ce n’est pas que les petits oiseaux. C’est une prise de conscience qui doit être porté politiquement au sein d’un projet regroupant l’ensemble des thèmes de la vie politique comme l’économie, le social, ou la culture.Pourquoi ? Et bien parce que la première des choses c’est qu’on ne peut donner de force à la lutte de l’environnement est d’aller à la source de ce qui le détruit. Les écolos par exemple ont pris conscience que sur un plan économique, le capitalisme que nous vivons est inconcevable avec la lutte pour l’environnement. La recherche de profits à tout prix des grands groupes industriels au mépris des normes environnementales afin de réduire les coûts de recherche et de sécurité étant bien souvent la cause des catastrophes écologiques que nous vivons. Tu peux donc éliminer, Gabrielle, toutes les listes des partis libéraux de l’Extrême droite à l’UMP. Et Du Modem qui n’est autre qu’un parti de centre droit et du P.S qui lui est un parti social-libérale. Comme le dit d’ailleurs fort justement un copain Vert, Pierre Minnaert, président de la commission Europe des Verts à laquelle je fais d’ailleurs partie et au passage quiconque peut adhérer sans faire pour autant partie des Verts, il faut se souvenir que « le texte le plus libéral fait par l'UE est l'Acte unique Européen, son maître d'œuvre fut le socialiste Jacques Delors que son PS voulait comme candidat en 1995, il fut signé par un Président PS, Mitterrand, et par un Premier ministre PS, Laurent Fabius. Ce sont encore des socialistes qui étaient au pouvoir quand furent acceptés les critères libéraux de Maastricht et l'indépendante de la monnaie de toute politique économique où plutôt répondant aux critères d'une politique libérale. C'est Jospin qui signa les accords de Barcelone qui prévoyaient la réforme des retraites que fit Raffarin. 'Europe libérale doit donc beaucoup à nos socialistes et il est beau de prétendre en France défendre nos services publics quand on co-rédige au niveau de l'UE des traités qui prévoient leur mise en concurrence. Tous ceux qui travaillent à la poste savent d'ailleurs sous quels gouvernements s'est développée la précarisation du personnel ». Ensuite il y a des partis comme le NPA qui se disent pour l’environnement mais sont pro-nucléaires. Quand on connaît les fuites qu’il y a eu au Tricastin ou en Belgique, et qu’on se souvient de la catastrophe de Tchernobyl où au passage sans le sacrifice de centaines de milliers d’ukrainiens pour aller à mains nues faire couler un sarcophage de béton sur la centrale nous serions tous en train de crever, on se dit que le nucléaire, c’est pas forcément super génial. Et que si on n’aime pas les éoliennes dans les champs on pourrait toujours se porter vers d’autres énergies renouvelables et propres comme l’énergie solaire pleine d’avenir, celle des océans ou la géothermie. Tout cela c’est des solutions que les écologistes prônent depuis des dizaines d’années, qui ont fait leurs preuves aujourd’hui et pour lesquelles on ne les prend plus pour des « doux dingues ». Et l’industrie de l’environnement est génératrice d’emplois. Et pas qu’un peu ! C’est même un des rares secteurs à ne pas connaître la crise mais à continuer de croitre. Les écologistes prévoient 10 millions d’emplois en Europe. D’ailleurs, le PS a fini par leur piquer la formule sur leur programme. Le problème qu’il faut comprendre, c’est que l’urgence écologique si bien décrite ce soir dans le film de Yann Arthus Bertrand, ne peut souffrir d’attendre encore et encore que les uns et les autres soient convaincus. La preuve, comme je viens de le dire ils sont encore majoritairement pour le nucléaire quand on en est déjà à la lutte contre le réchauffement climatique. On ne peut continuer à attendre les retardataires ! Mais il y a une raison à cela ! Les politiques sont avant tout des politiques alors qu’hormis l’extrême gauche, les écologistes sont avant tout majoritairement issus du milieu associatif. C’est le cas de Yannick Jadot par exemple, ex directeur de campagne de Green Peace, tête de liste dans l’est, ou Sandrine Bélier qui était présidente de FNE, l’association qui regroupe les associations françaises environnementales. C’est aussi le cas d’Eva Joly sur l’ile de France qui était juge d’instruction. C’est mon cas, à ma petite échelle, qui vient du monde associatif franco turc. Parce qu’un jour nous avons compris que pour porter notre combat associatif avec plus de force il fallait le porter dans la sphère politique. Ainsi, si nombre de partis sont pour l’écologie, en revanche seuls une poignée d’écologistes sont des écologistes qui ont permis aujourd’hui de lancer des alertes. L’exemple des OGM est probant sur la question. Corine Lepage de Cap 21 aujourd’hui rallié au Modem a bien instruite des dossiers contre les OGM. Mais sans les écologistes pour aller faucher dans les champs au risque de faire de la prison on y serait encore à chercher quelqu’un pour éveiller les consciences. C’est grâce à des gens comme Bové ou mon ami François Mandil qui ont su alerter l’opinion publique par leur courage qu’aujourd’hui, il n’y a plus une seule parcelle OGM en France ! Je suis secrétaire de l’association de soutien qui va soutenir le dernier procès de 58 faucheurs OGM à Versailles. Les faucheurs viennent de tous les horizons sociaux, des altermondialistes d’Attac de Bové et des Verts… mais aucun à ma connaissance ne vient du P.S, du Modem ou de la droite ! Quand on sait la catastrophe que sont les OGM pour l’environnement et la santé… et je crois que c’est justice à ce propos, de leur rendre honneur par le vote en ne se faisant pas tromper sur les réelles motivations des uns et des autres à vouloir prétendument lutter pour l’environnement quand ils nous ont ri au nez pendant 30 ans ! En clair, il y a les écologistes, et il y une pâle imitation…
Pourquoi je vais voter pour Europe Ecologie
Mais si je vais voter pour Europe Ecologie, c'est-à-dire pour le rassemblement de toutes les écologistes de gauche, c’est évidemment bien plus que pour la simple préservation de l’environnement. C’est parce que la philosophie politique que représente l’écologie est aussi une philosophie de paix. Et je dois dire avoir eu les larmes aux yeux en entendant parler Dany de l’Europe, de sa construction, de la paix qu’elle représente pour les peuples depuis sa création bien sûr au sein de son espace, mais aussi de l’exemple de paix qu’elle doit être pour l’humanité. J’ai eu les larmes aux yeux parce que devant 2500 personnes il a parlé avec justesse de l’adhésion de la Turquie, de ce qu’elle représente, du combat mené par les démocrates de Turquie pour venir s’asseoir à nos côtés, notamment de celui des femmes et des minorités, en soulignant aussi combien le discours anti turc relevait d’un racisme sous jacent d’une Europe d’un autre âge que nous ne voulons plus. Oui j’avais les larmes aux yeux parce que devant moi se trouvait un homme qui malgré tous les défauts qu’on peut lui prêter, parlait de ce « rêve d’Europe » et de ce « rêve du Bosphore » et traduisait ce pourquoi je me bats depuis des années : la réfutation de la thèse raciste d’un prétendu choc des civilisations.
Et puis je voterais Europe Ecologie en IDF, parce que si les places d’Eva Joly, juge anti corruption et celles de Dany sont acquises, celle de Pascal Canfin, journaliste économiste, auteur d’un livre que tout le monde devrait avoir lu « l’économie verte expliquée à ceux qui n’y croient pas » semble se confirmer et qu’il n’est pas vainc d’espérer, selon Alain Lipietz député sortant, avec actuellement 19 % d'intention de vote sur l'IDF, une place pour Karima Delli dont j’apprécie particulièrement le combat politique et associatif tant sur les domaines de l’écologie que la lutte pour le logement étudiant et la recherche. 13 députés en IDF. Chaque vote compte… mais chacun est libre de son choix ! Les écologistes sont avant tout pour une chose qui leur est aussi sacrée que la planète. C’est la liberté de conscience !
Ils remplissent partout dans l’hexagone et l’Outremer les salles de spectacle où ils font de la politique en dansant sur les rythmes de Tryo ou l’Homme Parle tout en abordant sérieusement les thèmes chers aux françaises et aux français comme le pouvoir d’achat et la crise financière avec la reconversion économique en emploi Verts, la protection de l’environnement qui leur est chère, les inégalités sociales, l’impact des modes de productions sur la santé publique, l’Europe et le « rêve du Bosphore », ainsi que la paix au Moyen-Orient et dans le Monde. A trois jours des élections européennes qui éliront en France 72 députés, une vague verte semble submerger la France. Mais qui sont ceux qui s’appellent eux-mêmes « les écolos » et viennent de passer au Vert dans les sondages où ils brûlent la politesse au Modem de François Bayrou devenant ainsi la 3ème liste de France dans les intentions de vote et vont jusqu’à faire trembler le P.S en Île-de-France avec qui l’écart n’est d’ailleurs plus qu’à deux points ?
Réchauffement climatique de la « famiglia verde »
Plus de 2500 personnes s’étaient réunis mercredi soir pour venir ovationner la liste du rassemblement « Europe Ecologie » de « la grande famille de l’écologie » des Verts et associatifs emmenée par un « Dany » au Zénith. Pourtant personne n’aurait parié sur eux il y a encore un an, entre les querelles utérines au sein des Verts et surtout, le désaccord pour une broutille sur le TCE entre les nonistes et les pro traité : majoritairement tous pour l’importance d’une constitution. Celle proposée étant imparfaite, les uns ayant refusé, les autres pensant avec optimisme qu’il y avait possibilité à l’avenir de la modifier. On croyait même le José et le Dany fâchés à jamais. Mais voilà, chez les écologistes comme sur le littoral sicilien, il y a une personne seule capable de réunir toute une famille déchirée à son chevet au seuil du lit où elle agonise. Et cette personne c’est la « mamma ». La planète mère, « notre petite maman » comme elle résonnait hier avec humour et tendresse dans la bouche de Marc Jolivet. Comme elle brillait dans les yeux des écolos remplissant leurs cœurs d’émotion. Car qu’on ne s’y trompe pas, l’esprit toujours aussi jeune de ces éternels adolescents, c’est bien pour la planète et l’humanité que les écolos se sont réunis faisant fi d’un coup de baguette magique de leurs vieilles querelles utérines. Et c’est pour elle qu’ils ont entamé depuis 6 mois les hostilités avec leurs concurrents politiques et entendent le faire savoir.
Un rassemblement qui est aussi en grande partie l’œuvre d’une femme : Cécile Duflot qui a 34 ans en est à son deuxième mandat de secrétaire nationale des Verts qu’elle a su rassembler d’une main de velours dans un gant de fer. Et hier toute la grande famille des Verts était présente d’Yves Cochet à Alain Lipietz en passant par Noël Mamère, Dany ou Dominique Voynet. Rassemblée autour de José Bové bien sûr mais aussi Yannick Jadot, l’ex directeur des campagnes de Greenpeace de 2002 à 2008, Sandrine Bélier, membre de la Commission Nationale du Débat Public et surtout ex-directrice Fédérale de la fédération française des associations de protection de la nature et de l'environnement, France Nature Environnement. Et puis surtout il y a Eva Joly, deuxième de liste en île de France, le « joker » des écolos comme la nomme l’éditorialiste Sylvia Zappi du Monde pourtant peu connue pour son amour des Verts. Il faut dire que l’ex juge d’instruction qui avait fait tomber Loïk Le Floch-Prigent et avec qui même Rachida Dati refuse le débat a de quoi séduire l’électorat français avec sa dénonciation des paradis fiscaux, de la Francafrique et sa volonté une fois élue de créer une « commission sur les comptes offshore » pour plus de transparence financière.
« Une autre façon de faire de la politique »
Il est vrai que comme le rappelait hier Cécile Duflot, les Verts sont un parti jeune. Un parti jeune en effet, et qui a une « manière différente » de faire de la politique comme ils le disent eux-mêmes fréquemment. En dansant, avec un ours blanc au milieu des tours de la Défense ou de Boulogne-Billancourt sensibilisant les passants au réchauffement climatique, ou à vélo. Pour la plupart issus du monde associatif avant d’entamer une carrière politique afin de porter plus de poids à leurs combats écologistes. Souvent victimes de la démocratie de leurs débats internes que caricaturent les guignols, c’est surtout du mépris que leurs adversaires politiques dont se plaignent leurs militants. Ces derniers allant selon eux jusqu’à voler leur programme comme les « 10 millions d’emplois verts » en Europe aujourd’hui sur le programme d’un PS déchiré et qu’ils réclament depuis des années. Et si pour les Verts le ton de la campagne n’est pas à l’anti-sarkozysme, ou à l’amertume quant à leurs anciens partenaires, ils n’en laissent pas moins échapper par moments quelques petits pics assassins de Dany sur Sarko le petit, ou ceux de « Cécile » qui taxe « d’hypocrites, de fossoyeurs et de faux-cols » certains de ses adversaires. Mais le rassemblement des écolos a l’air il est vrai bien plus celui de vieux copains venus pour « prendre du plaisir » comme le dit Yannick Jadot, qu’un tir au pigeon les soirs de ball trapp politiques auxquels les français ont dû par la force du temps s’accommoder. Leur site de campagne est un trombinoscope géant, une sorte de rue virtuelle à la mode de mai 68 où tous les internautes peuvent venir réagir et débattre entre eux sur les sujets de société comme lors des meetings avec les têtes de listes. Leur clip de campagne est un lidpub représentant les têtes d’affiches dansant avec leurs militant sur les paroles de l’Homme Parle dont le refrain est « Alors on danse / Sur le monde en morceau / Et la valse commence / Toujours sur le même tempo / Alors on danse / Sur le monde en morceaux / Après tout quelle importance ? / Pour nous c’est pas nouveau ! ». Quant aux candidats ils semblent avoir opté pour le « parler vrai », mêlent dans leurs discours émotion, tendresse, humour et coups de gueule contre les politiques et les multinationales tout en apportant des solutions sur un fond de grande passion pour l’Europe. Et ne reculent devant rien, même d’aborder la question turque et son « rêve de Bosphore » pourtant si délicate. Et ça marche ! Les écolos attirent dans toutes les classes de la société, jeunes et vieux de tous horizons. Un sondage TNS Sofres publié jeudi les fait passer devant le modem à la place de troisième liste de France dans les intentions de vote à 13,5 % et un bond de 2.5 %.
En IDF les Verts rêvent de 3 % de plus pour Karima Delli
Si la position de Daniel Cohn-Bendit, l’enfant chéri de la gauche française depuis mai 68’, ni celle d’Eva Joly qui n’était pourtant « pas gagnée » semblent être assurées, en revanche celle de Pascal Canfin, journaliste économiste auteur de « l’économie verte expliquée à ceux qui n’y croient pas » qui était inespérée semble être à priori acquise. Même Michel Barnier, ministre UMP de l’agriculture et coordinateur de la campagne de son parti a salué Cohn Bendit en affirmant que selon lui « A gauche, le seul qui est vraiment européen c'est Cohn-Bendit aujourd'hui, le seul qui parle d'Europe et qui en parle de manière intelligente, on peut-être en désaccord ou en accord avec lui » en poursuivant « les gens qui peuvent être de gauche (...) ont ce choix là, mais sûrement pas du côté du PS qui est un parti qui est isolé, qui est hors jeu même en Europe et qui en même temps n'est pas à la hauteur du débat en France ». Et les militants n’en reviennent pas de s’étonner des commentaires qui commencent à leur être favorable dans une presse pourtant peu réputée pour leur être favorable. Comme dans l’article de Sylvia Zappi sur Eva Joly ou dans l’émission Politis de jeudi matin. Et une analyse BVA de mercredi d’enivrer définitivement les militants d’IDF : « Au vu de la dynamique de Daniel Cohn-Bendit (12% sur un sondage IFOP mi mai, 14% à la SOFRES fin mai, 16% sur notre sondage BVA) il peut même caresser l’espoir de dépasser la liste PS au soir du 7 juin si celle-ci n’opère pas un vrai sursaut dans les derniers jours de campagne ». Alors les sages du parti ont beau rappeler qu’il faut garder la tête froide et continuer à sensibiliser la population à l’écologie, en rappelant qu’une élection se joue à quelques votes, l’euphorie est à un tel point que dans les rangs des Verts peu connus pour leur discipline, on se prend même à rêver à l’élection de la jeune Karima Delli, 4ème tête de liste si le miracle se continuait et que leur liste obtenait 3 % de plus. A 27 ans la jeune femme qui se présente avec pudeur et humour aux côtés d’un « franco allemand » et d’une « franco norvégienne » comme « franco roubaisienne » a déjà un long parcours politique et associatif derrière. Elle ne compte plus en effet les casquettes : doctorante à Sciences Po, attachée parlementaire de Marie Christine Blandin sur des domaines aussi diverses que la culture, la santé, la recherche ou l’environnement. Coorganisatrice de colloques sur la biodiversité avec Hubert Reeves ou le WWF, militante active de mouvements étudiants comme les « Jeudi Noir », les « galériens du logement », porte parole de « la France qui se lève tôt » et initiatrice du collectif Jeunesse Sans OGM ou encore "Sauvons les riches". L’ex-secrétaire fédérale des jeunes Verts qui aimerait « sauver le monde » se prend à rêver : « Super meeting au Zénith , hier! on continue il nous reste trois jours! Encore 3% et vous m'envoyez au Parlement européen pour défendre une Europe des droits humains, écologique, sociale, démocratique, écologique. On peut y arriver ! ». Mais où s’arrêteront donc les écologistes ? Une chose est sûre, à la veille des élections passera en avant première mondiale sur France 2 le film « Home » sur les dégâts de l’activité humaine sur la biodiversité et le réchauffement climatique de Yann Arthus Bertrand. Et plus personne aujourd’hui ne peut en effet ignorer le pouvoir de l’écologie.
Que te dire ? Et surtout par où commencer ? Tout d’abord que je voudrais remercier comme il se doit Pierre Serne et à Philippe Colomb qui m’ont fait l’honneur de leur confiance en me demandant de me rendre à ce workshop au nom de la commission LGBT des Verts, suite à la parution d’un communiqué que nous avions rédigé ensemble sur la situation inquiétante des personnes transgenres en Turquie. Un nouveau meurtre transphobe vient d’y être commis. Cela ne doit pas pour autant nous freiner dans notre volonté d’intégrer la Turquie. Bien au contraire, c’est justement pour nos sœurs et frères de Turquie qui payent parfois leur marche vers la démocratie de leurs propres vies que nous devons continuer le combat contre les forces obscurantistes de Turquie, contre celles d’Europe et contre nous même. Je veux dire contre nos propres peurs, nos propres craintes, nos propres préjugés.
C’est donc au nom de la commission LGBT que je me suis rendu à Istanbul. La commission LGBT des Verts est indépendante du parti, comme le sont les autres commissions, et je voudrais te rappeler si comme moi tu « ne transiges pas avec l’égalité » et que tu te sens solidaire des droits des LGBT dont les Verts Européens rappellent d’ailleurs qu’ils « sont des droits humains » à part entière. Si cela t’intéresse de les soutenir politiquement, sache alors qu’il n’est pas nécessaire d’être encarté chez les Verts pour en faire partie et y travailler sur des thématiques. Cette commission très dynamique travaille en parallèle avec d’autres organismes, politiquement et sur le terrain, notamment avec l’Inter LGBT.
J’étais déjà venu à Bilgi Üniversitesi où j’avais rencontré un des êtres les plus humains qu’il ne m’ait jamais été permis de croiser. Ali Nesin, lui aussi parfait francophone, mathématicien dont le respect de la pudeur m’oblige à éviter toute succession de superlatifs. Fils du célèbre écrivain Ali Nesin, athée et qui avait failli finir brûlé dans l’incendie de l’hôtel de Sivas allumé par une foule d’intégristes hystériques, aux côtés des 36 intellectuels alevis, hommes femmes et enfants pour avoir voulu traduire les fameux Versets sataniques de Salman Rushdie. La Turquie aussi, comme l’ensemble des démocrates du monde à majorité musulmane, on ne l’oublie que trop souvent, paie un lourd tribu à l’islamisme. La Turquie surtout, lutte contre ce fléau, notamment en Afghanistan où les forces turques sont engagées. Ali nous avait reçus en toute simplicité avec mon frère, parce que j’avais simplement demandé à le rencontrer, dans la salle où il prépare habituellement ses cours de mathématiques. Il a reprit le flambeau de son père et nous avions visité quelques jours plus tard dans la banlieue d’Istanbul, la fameuse fondation Aziz Nesin qui offre à des mômes de la rue la possibilité de se loger, de se vêtir, de se nourrir, et de faire de hautes études. En plus de la traduction des livres de son père qui lui prend des heures folles, Ali organise pendant les journées d’été des cours de popularisation des mathématiques ouverts à tous les mômes. Un véritable humaniste, avec un sens du partage des biens et de la connaissance chevillés au corps. Un pur, comme il en reste si peu. C’est aussi des gens comme cela, Istanbul. Une Turquie généreuse à l’ombre des médias. Et c’est des gens comme cela que j’étais venu rencontrer.
Il y avait là donc du beau monde en cette fin du joli mois de mai à l’Université de Bilgi. Enfin, quand je te dis du beau monde… je te parle de ceux que je trouve beau, moi, par leurs combats, et parce que le combat d’un idéal social pour le bien de tous se fait parfois au détriment de leurs propres sécurité. C’est le cas de nombre de personnes justes et pas seulement en Turquie. C’est le cas partout dans le monde, c’est le cas en France. Mais en Turquie, la jeunesse de gauche est particulièrement acharnée, et elle n’est pas forcément connue. Ce beau linge dont je te parle, donc, ce n’est pas les Elif Safak, les Orhan Pamuk et consort qui écrivent ou disent aux européens et aux américains ce qu’ils veulent entendre pour pouvoir vendre des livres et recevoir des prix littéraires, en faisant semblant de craindre pour leurs vies quand ils vivent bien souvent à l’étranger. Non, je te parle moi des vrais, des purs. Pas des imposteurs mais de ces centaines, mais de ces milliers d’activistes anonymes de Turquie qui luttent dans l’indifférence totale de nos médias, qui préfèrent eux d’ailleurs attiser le communautarisme avec la question kurde ou la question arménienne, souvent instrumentalisés par des politiques avides des voix des communautés, quitte à faire le terreau du repli identitaire dans nos communautés et le retour de l’extrême droite en Turquie.
Parmi cette « armée des ombres », comme l’aurait écrit Joseph Kessel, se trouvait Uçan Süpürge, la fameuse organisation féministe turque des « balais volant », Hacı Bektaş Veli Anadolu Kültür Vakfı, la fondation culturelle anatolienne Hacı Bektaş Veli de la minorité alevi qui représente en Turquie près d’un tiers de la population, la Helsinki Citizen’s assembly, l’İstanbul Mahalle Dernekleri Platformu (la plateforme associative des quartiers d’Istanbul, la Sosyal Haklar Derneği, l’association des droits sociaux, Amnesty International de Turquie, ou Bilgi üniversitesi Gençlik Çalışmaları Birimi (les unités d’études de la jeunesse de l’université de Bilgi)…
Pour représenter la société civile française étaient présents à mes côtés des organisations telles que Migreurop, la Cmil, l’Acort, le Forum Social des quartiers populaires, AEC France, No Vox, Act Up France, ou Attac. J’ai donc pu retrouver des têtes connues comme la bonne vieille tête de Zeynep de l’ACORT, l’Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie.
Je n’ai donc pas vraiment eu le temps de visiter ma vieille amante, Istanbul. A peine pu passer saluer mon vieil ami Ergün Demir, arrivé en France à l’âge de 2 ans, ayant grandit dans une famille très pauvre de la région chartraine et qui à force de rage, après avoir étudié l’art dramatique et la guitare classique à Paris, a fini par se hisser dans les hautes sphères du star sytem turc et vient de terminer la série Bin Bir Gece, les milles et une nuits qui a battu tous les reccords d’audience en Turquie est n’est pas vraiment un téléfilm pour islamistes. Dépassant même la rencontre Turquie-Suisse qui tenait la première place. Nos vieux clichés nous en déplaisent ! Et bien sûr mon jumeau Siyami qui est ma tête et mes yeux quand je vais à Istanbul. Même pas pu voir Alper Akyüz des Verts Turcs ou Florence Tapiau qui a dû m'envoyer son documentaire sur le tri et le recyclage des déchets à Istanbul par la poste et avec qui je vais organiser des projections à la rentrée. J’ai quand même pu revoir mon amie Sinem Demircan avec qui j’avais fait deux émissions sur la Radio Arc En Ciel qui propage l’actualité turque le samedi sur les ondes de Fréquence Paris Plurielle. Toujours souriante, belle et dynamique. Elle bosse aujourd’hui pour une boite française de meubles installée à Istanbul qui a chopé le créneau écolo et l’a appliqué à toute sa chaine de production. Total, c’est une des rares boites à ne pas trop craindre la crise. Pas vraiment une islamiste non plus, Sinem. La France ferait bien de regarder un peu plus ses enfants qu’elle délaisse. Les relations que nous avons à l’internationale ne s’en porteraient que mieux…
Deux jours d’un boulot passionnant à mettre sur papier nos réseaux de communication, à les comparer et à les relier entre eux afin de réaliser une interconnexion des sociétés civiles et turques. Malheureusement aucune organisation LGBT ne fut présente, toutes parties manifester à Ankara. Pour moi un vieux rêve qui prend forme et c’est tout à l’honneur des turcs de Bilgi d’en avoir ouvert le bal. Sarkozy a beau vouloir par ses réformes faire fermer nombre de départements de langues sur RFI dont le turc et clore l’IEFA, nos sociétés civiles, notamment par le réveil associatif de la communauté turque de France et par celui de la société civile en générale, vont tisser de plus en plus de liens. Du reste, dans de nombreux domaines elles travaillent déjà ensemble. C’est le cas notamment des grandes fédérations de travailleurs ou de féministes qui sont déjà intégrées aux confédérations européennes. On n’arrive pas comme cela un beau jour avec la prétention de pouvoir nier l’existence d’une fraternité des peuples qui existe depuis des siècles. Un jour ou l’autre, les politiques partiront, mais les peuples seront toujours là. Et qui mieux qu’un écologiste pour comprendre que pour sauver la planète, il a besoin du concours de chaque individu, que pour avoir le concours de chaque individu, il a besoin du concours de chaque peuple, et que pour avoir le concours de chaque peuple du Nord comme du Sud, il a besoin de la Turquie comme médiatrice à la croisée des mondes. Les Verts Européens s’étaient d’ailleurs saisi de l’audace de choisir pour leur réunion annuelle de se rencontrer à Istanbul en 2004, à la veille de l’ouverture des pourparlers d’adhésion en 2005. Fallait le faire ! De quel autre parti pouvions-nous l’espérer ? Je vous le demande…
L’occasion pour moi de rappeler en saluant le soutien indéfectible qu’il a toujours eu envers l’adhésion turque, qu’Alain Lipietz, brillant économiste et député européen, sera à Bilgi le 20 juin de 14 h 30 à 16 h 30 pour une conférence sur l’économie verte « Economic - ecologic crisis : Where are the links with a view to the reasons as well as ways out of the crisis ? » Qui aime l’écologie et l’Europe dans son entière identité avec la Turquie le suive !
Quant à moi, j'attends avec impatience le match retour où nous accueillerons les copains en septembre à Paris...