jeudi 21 janvier 2010

Les vautours d' Haïti


«En me renversant, on n'a abattu à Saint-Domingue que le tronc de l'arbre de la liberté, mais il repoussera car ses racines sont profondes et nombreuses ».
Toussaint Louverture (1743 - 1803)

Voilà 10 jours que la terre a tremblée à Haïti. Pour ma part, comme beaucoup d’internautes j’ai eu la nouvelle via un célèbre réseau sociale. En lisant le commentaire de mon ami François qui écrivait sur sa page ses quelques mots qui n’ont pas manqué d’attirer mon attention : « je me disais bien qu’il y avait quelque chose qui n’était pas encore tombé sur la gueule des Haïtiens… »

C’est vrai qu’Haïti n’est pas vraiment un pays où les habitants sont connus pour avoir « le cul bordé de nouilles ». 80% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté de deux dollars par jour dont 54% dans un état de pauvreté extrême avec moins d’un dollar par jour, 65% de chômage… découverte par Christophe Colomb en 1492 et sous domination espagnole jusqu’en 1697 qui verra l’éradication de tous les indiens qui en étaient originaires, l’île d’Hispaniola où Haïti devient la première République noire en 1804 en administrant une déculottée historique à un Bonaparte voulant rétablir l’esclavage aboli à la Révolution Française, pour laver l’affront cuisant, se verra infligée à son tour un siècle de blocus de la part de toutes les grandes puissances dites « occidentales ». Le Calvaire de ce peuple qui dérange les grandes « civilisations » s’étant construites sur le dogme de la hiérarchie des êtres au sein d’une espèce dont la science et ses récentes découvertes sur le génome humain nous dit aujourd’hui qu’elle est une et indivisible, par le phantasme pervers de la « race », n’en est pourtant qu’au début de son Calvaire. Haïti passe en effet sous une occupation militaire américaine de 1915 à 1934 combattue farouchement par des révoltes paysannes. Le pays laissé alors exsangue est propice à l’installation de la dictature de François Duvalier de 1957 à 1986 puis à celle de son fils. L’ex prêtre Jean Bertrand Aristide est élu en 1990 lors de la première élection libre mais est renversé par un coup d’Etat militaire et ne redeviendra président qu’en 2001 après un scrutin boycotté par ses opposants. En 2004 il doit démissionner sous la pression de la France, des USA et du Canada. Et depuis les casques bleus qui occupaient l’île tentaient d’ « instaurer la démocratie » comme il est de bon ton de le dire dans les rédactions des « grandes démocraties » par un gouvernement de transition.

Et avec cela ma p’tite dame vous nous rajouterez des ouragans qui déferlent d’avril à juin et d’octobre à novembre, dont l’un des plus meurtriers, Jeanne, a ravagé le pays en 2004 laissant derrière lui quelques 1 160 morts, 1 250 disparus, 170 000 personnes manquant de nourriture et d’eau, et des plantations de bananiers avec lesquelles le pays tire une partie de son économie complètement ravagées. C’est te dire si le séisme de magnitude 7 sur l’échelle de Richter de ce 12 janvier, qu’Elisabeth Byrs, porte-parole à Genève du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU nomme comme « la pire que les Nations Unies avaient dû vivre jusqu’ici » est vraiment le « couronnement » ultime d’une longue série de malheurs. Le palais présidentiel s’est effondré sur lui-même et des ministres sont morts. La mission de l’ONU s’est écroulée comme un château de cartes, et il en va de même pour tous les bâtiments administratifs, ainsi que les hôtels, ou les postes de police… Les télécommunications sont H.S. A la date du 11 janvier 75 000 morts ont déjà été inhumés selon le gouvernement haïtien. Still counting… il pourrait y en avoir jusqu’à 200 000 d’après le lieutenant Général Ken Keen, commandant des forces américaines sur place. A cela il faut ajouter les 250 000 blessés dont nombreux sont ceux qui ne verront pas arriver les secours et 1 million de sans-abri sans eau potable, nourriture, ni électricité. Dans un chaos total où comme c’est une règle « naturelle », seuls les plus valides et les plus forts survivent.

Dans le monde, la seconde même après la fin du séisme, c’est l’effervescence. Toutes les rédactions s’activent pour piquer de petits coups de becs des petits lambeaux de news, secondes après secondes, sur le corps d’Haïti. Quelques heures à peine après la catastrophe les hélicoptères tournoient déjà dans le ciel à la recherche d’images bien sanglantes à montrer aux éditions du 13 heures et du 20 heures. Ici des petites filles que l’on extirpe des entrailles de l’Enfer, là une vieille dame… les médias comme les prédateurs sont attirés par l’odeur du sang. Non content d’avoir dépecé le peuple d’Haïti de ses richesses, les « occidentaux » par l’intermédiaire de leurs grandes chaînes de média, vont pousser l’horreur jusqu’à lui voler sa dignité en grappillant ci et là des images de ses morts. Ne t’es-tu jamais demandé, ô plancton téléspectateur, pourquoi on montre plus facilement les morts du Rwanda ou d’Haïti que du World Trade Center ou du tremblement de terre en Italie ? L’être humain pour nos « grands » médias aurait-il droit à plus de dignité seulement en fonction de la couleur de sa peau ? Et ne t’es-tu jamais demandé quelle pouvait être la douleur de nos concitoyens originaires d’Haiti découvrant en direct, en même temps que des milliards sur la planète, le visage mort d’une mère, d’un père, d’un frère, une sœur, un fille, un fils, un ami d’enfance, une voisine…

Et déjà les télés du monde entier nous montrent la course pitoyable des secours. On te montre les images d’Haïtiens en liesse après le sauvetage de femmes ou d’enfants restés coincés sous les décombres alors que le restant de la population se meurt à petits feux de manque de soins, de faim et de soif. A quel pays sauvera le plus de victimes. Une sorte de jeux Olympiques de la misère, d’Eurovision de l’outrage où les américains se démarquent après un débarquement hollywoodien digne des plus grands Oliver Stone. Devant des français ne manquant pas une occasion de poser un cocorico et qui sont surtout inquiets par le sort de leurs ressortissants et dont les peurs des familles en attente d’adoption de petits Haïtiens vont bientôt rapidement faire pleurer dans leurs chaumières les ménagères de 25 à 55 ans. On montre les boys qu’on critique pour prendre les choses en main et qui font jalouser nos politiques. Politiques se bousculant au portillon pour y aller de sa petite phrase concourant pour savoir à qui au mieux porterait seul toute la misère d’Haïti dans ses yeux et ainsi s’assurer le maximum de temps d’antennes, de « temps de cerveaux » comme disait le patron d’une grande chaine. Des politiques de l’UMP et du PS qui aujourd’hui s’interrogent à l’Assemblée Nationale sur LCP s’il ne faudrait pas, au fond, mettre le régime « sous tutelle ». Interrogations que viennent « légitimer » (sic !) des images d’Haïtiens réclamant la domination américaine ou française ? Un Clinton qui se prend pour Kouchner et va distribuer des sacs de riz à la population, et surtout la très grande générosité des français et de leurs artistes qui courent pour donner pour Haïti déclarée grandes cause nationale par de grandes marques de lessives… à cerveaux.

Toute cette pitié dégoulinante qui est versée à Madame et Monsieur Bidochon depuis 10 jours à chaque heure de repas oublie quelque peu de lui dire la Vérité, dont Jean Grenier disait : « je n’ai jamais pu faire coïncider ce que je croyais être la vérité avec ce qui m’aidait à vivre ». Car la Vérité, sur Haïti, pour peu qu’on la recherche, pour peu qu’on aille la fouiller ailleurs que sur le corps encore chaud des cadavres, il est vrai, n’est pas très vendable pour nos grands médias. Mais le courage d’un journaliste ou d’un politique ne devrait-il pas être avant tout, comme l’écrivait Jaurès, « de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques » ?

Car la vérité d’Haïti est bien ailleurs, à commencer par son Histoire. L’Histoire glorieuse de la première république noire. La vérité c'est que les grandes puissances qui aujourd’hui larmoient à son chevet des larmes de crocodile cathodique a colonisé ce pays et l’a laissé mourir à petit feu sans jamais s’en préoccuper et cela depuis des décennies. Trop honteuse d’y voir dans ses yeux le regard effronté d’un Toussaint Louverture encore vibrant, véritable révolutionnaire baigné de l’esprit des Lumières et qui a la tête d’une poignée d’esclaves à tenu tête et vaincu les armées d’un petit caporal qui faisait alors trembler l’Europe.

La vérité, encore une fois, c’est que non content d’avoir volé au peuple d’Haïti ses richesses, sa culture, nous nous acharnons à essayer de lui voler son âme en poussant l’indécence jusqu’à aller filmer les corps, les scènes de pillages, le chaos…pour te faire comprendre à toi bien confortablement assis dans ton salon, que « ces noirs », vois-tu, on aura beau leur apporter la religion et la civilisation, ils se comporteront toujours comme des bêtes. Et te faire oublier que pendant les restrictions durant la seconde guerre mondiale, les mêmes scènes de pillages et d’adultes arrachant la nourriture de la bouche des enfants se déroulaient jusque dans Paris même. Parce que voilà, c’est peut-être pas beau, mais c’est l’instinct de survie et c’est comme ça ! Et que nul ne sait ce que toi et moi ferions si nous étions à la même place, là-bas, au milieu des décombres et des morts, sans nourriture ni eau depuis des jours, à sentir la vie quitter lentement ton corps… La vérité c’est aussi qu’on veut te faire oublier par un jeu d’images aux sous entendus douteux la précarité qui sonne aujourd’hui à la porte de près de 10 millions de français.

La Vérité, si l’on veut être juste, c’est que le dernier séisme à Haiti remonte au XVIIIème siècle et qu’ainsi n’étant pas du tout préparé à cette éventualité, n’importe quel pays au monde, n’importe quelle démocratie, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, qui verrait en l’espace de quelques secondes jusqu’à la quasi-totalité de ses infrastructures, ses administrations, ou ses télécommunications effondrées serait plongé dans les mêmes limbes.

La vérité froide et cynique c'est que ce téléthon post-séisme, cet ignoble course au « secourisme » permet surtout aux grandes industries de se positionner pour obtenir des parts de marchés pour la reconstruction en faisant financer l’opération marketing du secourisme par les téléspectateurs dont on monnaye la sensibilité. Et que ce séisme va permettre encore un peu plus aux grandes puissances de coloniser économiquement Haïti. Alors que cela ne devrait pas être aux organisations privées mais aux gouvernements, à l’UE, à l’ONU d’apporter l’ensemble de l’aide internationale, solidaire, et sans alourdir la dette déjà démesurée d’un pays dont on a déjà refusé l’annulation en 2003.

La question, enfin, est de se demander combien de temps encore nos politiciens et nos médias croient-ils pouvoir encore nous mépriser à un tel point qu’ils se permettent aujourd’hui de monnayer notre humanité ? Eteignons pour un temps nos postes de télévisions. Cessons de lire nos « grands » journaux. Et réfléchissons sur ce qu’est le pire fléau qu’ai eu à affronter Haïti depuis son indépendance. Fermons les yeux, et entendons ces mots d’Alphonse de Lamartine lorsqu’il écrivait sur Toussaint Louverture en 1850 : « Je suis de la couleur de ceux qu’on persécute ! » N’est-ce pas un peu dans l’image de ces corps haïtiens que l’on expose à la cupidité du monde, de notre sensibilité que l’on souille, de notre générosité que l’on viole, de notre humanité que l’on pille ? N’est pas là, dans ses scènes de chaos mise en pâture à l’indécence féroce de ce monde cupide, de notre âme à nous aussi qui s’envole ?




jeudi 7 janvier 2010

Si les Turcs se mettent à jouer au rugby maintenant, on est mal !



« La richesse de la raison est le mystère de la folie
Le fou de la raison est l’homme de la sagesse
Qui obtient la connaissance du cœur dans le chemin de la douleur
Trouve en son propre être des milliers d’étrangers ».
Djalâl-Od-Dîn Rûmi, dit Mevlana






Where everything started…
La légende raconte que le rugby a débarqué - c’est le mot - en Turquie à l’hiver 1915 au côté des troupes alliées alors sous le commandement de Winston Churchill, et dont 250 000 ne reviendront pas, à l’endroit très exacte des plages de la péninsule de Gallipoli qui seront alors le théâtre du plus grand débarquement maritime de la première guerre mondiale.
Ce serait là, dans la crique, à l’abri des combats, que le rugby fut joué pour la première par les Anzacs et les troupes britanniques sur le sol turc. Plusieurs Wallabies seraient même morts pendant la fameuse bataille. Dans une lettre à Harold Austin, secrétaire de son club de rugby, l’officier et représentant de l’équipe nationale Tom Richards écrira plus tard à ce propos que le rugby joué à Gallipoli fût : « une pause splendide dans la routine fastidieuse de la vie militaire qui vous ternit l’esprit et vous rend dans un état de négligence générale ».
Et les vents de l’Histoire se levèrent…
Ce n’est cependant que 84 ans plus tard, en 1999, que l’on verra naître le premier véritable club de rugby dans la ville deux fois millénaire de Soliman le Magnifique. Il le faut dire que le football en Turquie peut-être comparé au rugby en Afrique du Sud, ainsi que le déclarait Serge Saulnier, lorsqu’il était directeur de la tournée du XV de France, à une religion. C’est même la première religion du pays, partagée par tous. « Avec ses temples, ses grands prêtres et ses fidèles ».
Ce qui n’a pourtant pas découragé deux français, Marc Mercier et Dennis Ponds de Vier et un britannique, Chris Skirrow, d’écrire une page de l’histoire de la Turquie en créant en 1999 le premier club de rugby de Turquie à Istanbul, l’Istanbul Ottomans R.F.C. En 2008, alors qu’ils sont la première équipe turque à participer au tournoi de rugby à 7 du Ameland Beach Rugby Festival en Hollande, l’équipe manque de très peu le podium pour se retrouver à la quatrième place.
Un sport de voyou joué par des gentlemen
Les Ottomans furent une source d’inspiration et très peu de temps après sont nés à Istanbul les taureaux du Kadiköy RC et les penseurs du Bakırköy RC, ainsi que les Cyprus Pumas de la partie nord de l’île de Chypres qui poussent la taquinerie jusqu’à venir de sortir leur calendrier de joueurs posant nus. L’année 2007-2008 fut quant à elle un millésime pour le rugby turc puisqu’elle fut celle de la première compétition nationale.
Ces 5 dernières années, le rugby turc s’est répandu comme une trainée de poudre en Turquie, surtout dans les universités. Il y a fleurit un peu partout d’est en ouest et du nord au sud : les requins de Samsun, première ville du pays sur la mer noire, le rugby club de çankaya à Ankara où se trouve la présidence du pays, le Club de Sport de Rugby d’Erzurum, et même la ville de Kuşadası, plus connue pour ses plages, ses hôtels à touristes et ses boîtes de nuits à son club, les Aigles. Jusque sur le réseau Facebook, le rugby turc a trouvé ses fans !
« La plus vieille et la plus fidèle amie de la France »
La politique actuelle nous fait bien souvent oublier ses mots que Robespierre déclarait lorsque l’Empire Ottoman fut le seul pays d’Europe à acclamer la Révolution qui correspondait alors aux Réformes tant désirées par le Sultan Selim III. Et c’est peu dire si nos deux depuis Soliman le Magnifique nourrissent une vieille histoire d’amour des plus passionnées. C’est donc tout naturellement que cette histoire se retrouve au cœur même du rugby turc.
 Aujourd'hui sponsorisé par Peugeot, innondé des fameux ballons Gilbert, c'est en effet,  pour beaucoup grâce à des français expatriés (pas moins de 11 français jouent aujourd’hui dans l’équipe des Ottomans d’Istanbul) que se développe aujourd’hui le rugby turc. Bien sûr il y l’effort de 2 français pour avoir créé le premier club de Turquie, comme celui de Clément Beuselinck, aujourd’hui étudiant en journalisme à Bordeaux et qui a créé l’année dernière le club de l’Université du Moyen Orient à Ankara, mais il y a surtout… les écoles françaises : Saint-Benoît, ou Notre Dame de Sion à Istanbul ou Saint Joseph à Izmir ont toutes leur club aujourd’hui.
Et, symbole de cette idylle historique, à la dernière saison, le meilleur marqueur de Turquie s’appelait… Stéphane Vincent ! Un expatrié qui vie en Turquie depuis 10 ans et est mariée avec une turque.
Vers une nouvelle Eire…
Cette année, la ligue turque est composée des Istanbul Ottomans (dont l’un des joueurs, Kemal Ege Gürkhan, qui s’exprime dans un français parfait m’a rappelé de ne pas confondre : « Pas Ottomans de Galatasaray, Putain ! »), Bakırköy RC, Istanbul Lions, ÖDTÜ, Samsun et les Pumas de Chypres.
La Turquie a quant à elle une équipe nationale et on parle même – puisqu’en Turquie c’est la règle dans de nombreux sports – de créer une équipe féminine ! Quant aux grands clubs, ils jouent tous pour la plupart en rugby à XV et à VII.
En France, c’est peut-être à Pontarlier, que débute la carrière de celui qui sera peut-être l’un des premiers grands piliers du rugby turc. A seulement 18 ans, l’un des joueurs de Pontarlier, surnommé « le Turc » pour ses origines, est déjà poussé par ses équipiers qui souhaitent qu’il joue un jour dans la sélection turque. A presque 21 ans pour 1,81 mètre et 108 kilogs, Gökhan CEYLAN, c’est son nom, a pour le coup un vrai nom turc qui peut faire peur. Gökhan signifiant littéralement « l’Empereur du ciel », et fait référence aux descendants de Cengiz Khan qui a régné sur toute l’Asie Centrale et était appelé « le Han des Hans, l’Empereur des empereur ». Et Ceylan, la gazelle… Rapide et fort donc, tel que le fût l’Empereur des mongols il y a presque 1000 ans de cela. Autant dire foudroyant ! Chabal n’a qu’à bien se tenir…
Mon vieil ami Jérôme Le Cam, breton de son état et professeur de sport en collègue, me confiait un jour que s’il ne devait plus enseigner qu’une seule discipline à ses «gamins », se serait sans réfléchir le rugby, pour tout ce que ce sport transmet de valeurs de partage, de respect mutuel, d’abnégation et de solidarité… Il est bien regrettable qu’il ne soit jamais venu à l’esprit de nos dirigeants d’aller faire un tour sur les terrains de rugby du Bosphore ! Parce que comme dirait Gökhan en parlant du rugby : « Hé ! Mec ! Quand tu gouttes à ça, impossible de le laisser tomber ! »

mercredi 6 janvier 2010

En souvenir de Serap Eser / Serap Eser hatırasına.



For Ümit Eser & his family, in remembrance of their sister and daughter... Kardeslikle...


En souvenir de Serap Eser,

Noire la Mosquée bleue, Noire Sultan Ahmet,
Noir le pont du Bosphore, et noir Dolmabahçe ;
Ce soir les cieux pleurent sur la ville des poètes :
Des larmes noires inondent Kartal, Fenerbahçe,
Kız Kulesi, Üsküdar, Büyükçekmece…


Noires les « yalı », noirs les « vapurs », noires leurs fumées !
Noir le pont de Galata, noirs ses pêcheurs figés !
Ce soir la nuit d’hiver semble tout inhumer,
Son sang noir coule glacé dans nos cœurs affligés.
Ce soir la nuit emporte tout sur son trajet.


Noires les écoles, les maîtres, les écoliers,
Noir le tableau, les craies… le bus ensanglanté…
Ce soir une famille souffre pour le monde entier,
Notre petite sœur à tous ne boira plus de thé,
Elle n’ira pas non plus à l’université…


Nous n’oublierons jamais son poème : ce visage
Qui brûle en nous comme les vers de Nazim Hikmet ;
Qu’il tremble dans nos mémoires ses sourires en mirages !
Rappelons-nous Serap puisqu’on oublie les poètes,
Qu’aucune idée au monde ne tue plus de fillettes.

Samedi 26 décembre 2009


Serap Eser hatırasına,

Siyah Ayasofya Camii, Siyah Sultan Ahmet,
Siyah Boğaz köprüsü, ve Siyah Dolmabahçe ;
Bu akşam gökler şairler şehrinin üzerinde ağlamakta:
Siyah göz yaşları Kartal’ı, Fenerbahçe’yi,
Kız Kulesi’ni, Üsküdar’ı, Büyükçekmece’yi…’yi kaplamakta

Yalılar Siyah, vapurlar Siyah, dumanlar Siyah!
Galata köprüsü Siyah, donmuş balıkçıları Siyah!
Bu akşam kış akşamı her şeyi gömmüş gibi,
Donmuş olan Siyah kanı kederli kalplerimizde akmakta.
Bu akşam gece, yoluna çıkan her şeyi götürmekte.

Siyah okullar, öğretmenler, öğrenciler,
Siyah tablo, tebeşirler … kana bulanmış otobüs…
Bu akşam bir aile tüm dünya adına acı çekmekte,
Hepimizin kız kardeşi artık çay içemeyecek,
ve hatta üniversiteye de gitmeyecek …

Nazim Hikmet’in dizeleri gibi içimizi yakan ;
Onun “Bu yüz” adlı şiirini hiçbir zaman unutmayacağız.
Bu Seraplı gülüşleri hafızamızda titretsin !
Mademki şairleri unutuyoruz, Serap’ı hatırlayalım,
Dünyadaki hiçbir fikir küçük kızları bir kere daha öldürmesin.

Cumartesi, 26 Aralık 2009
Ceviri : Melek Karaagaç

jeudi 22 octobre 2009

La journée sans immigrés du 1er Mars - une étincelle qui risque de mettre Hortefeux en poudre !


Au début, rien. Enfin, rien… une étincelle ! Nous sommes à la fin du mois d’août à Seignosse dans les Landes où les fragrances de pin se mêlent à celles nettement moins odorantes des « blagues » de Brice Hortefeux. En pleines Journées d’été de l’UMP, posant pour une photo aux côtés d’Amin, un jeune militant d’origine maghrébine, alors qu’une femme à ces côtés vient de déclarer « il est comme nous, il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière », celui-ci répond : « Il ne correspond pas du tout au prototype. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes ». La chaîne parlementaire LCP a filmé toute la séquence et la met en ligne sur son site mais décide rapidement de la retirer, face à la polémique qui commence à enfler. Mais c’est déjà trop tard ! La video est reprise par le journal Le Monde, Charlie Hebdo met en ligne sur son site une pétition demandant la démission du ministre qui a déjà recueilli à ce jour 13 844 signatures, quant au MRAP, il porte plainte et le 17 décembre prochain, devant la 17e chambre du Tribunal correctionnel de Paris, Brice Hortefeux sera cité à comparaitre pour injure à caractère racistes.

Nadia Lamarkbi elle, comme bon nombre de ses concitoyens, est chez elle à tourner en rond et ruminer sa colère contre les propos du ministre dans son coin. Pour elle, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase : « la première fois on a rien dit, la deuxième fois on a rien dit... ». C’est alors que Nadia se rappelle du mouvement des immigrants hispaniques qui, en 2006, avaient paralysé toute la Californie par une journée de non participation à la vie économique du pays, pour protester contre une loi discriminatoire à l’encontre des immigrés. Nadia se dit qu’il faudrait transposer ce mouvement en France. Instaurer une journée sans immigrés. Sur l’instant, journaliste de profession, elle lance l’idée sur le seul support qu’elle tient à portée de main, Internet. Elle ouvre un groupe sur le réseau Facebook qu’elle intitule « La journée sans immigrés : 24 heures sans nous ». Elle y invite tous ces « amis » Facebook et rapidement le groupe prend de l’ampleur au point de réunir aujourd’hui déjà près de 3000 membres.


Une première réunion d’information est faite à la bourse du travail de Saint Denis le 30 septembre et un manifeste est présenté. Il appelle les « femmes et hommes, de toutes croyances, de tous bords politiques, et de toutes couleurs de peaux, immigrés, descendants d’immigrés, citoyens conscients de l’apport essentiel de l’immigration à notre pays » à ne pas participer à la vie économique du pays le 1er mars prochain, en n’allant pas travailler et en ne consommant pas. Comme Sartre définissait le juif, il définit l’immigré comme « celui qui est perçu comme tel par les autres au-delà même de ses origines ». Il entend « se réapproprier et réhabiliter ce terme (immigré) devenu péjoratif par la force de l’instrumentalisation politique » et refuse « les stéréotypes véhiculés qui menacent notre cohésion sociale » ainsi qu’à ce que les « bienfaits passés, présents et futurs des immigrés qui ont toujours construit la France soient ainsi niés d’un trait ». Et prend pour date le 1er mars en raison de l’entrée en vigueur le 1er mars 2005 du « code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile » (CESEDA), plus communément appelé le code des étrangers. Pour le collectif, « cette loi symbolise une conception utilitariste de l’immigration, en d’autres termes, une immigration choisie sur critères économiques ».

Ainsi, le collectif qui espère ébranler les vieux tabous sur l’immigration de la société française espère faire bouger les lignes en touchant au nerf de la guerre : l’argent.

Après déjà un premier passage sur Génération FM et Beur FM, on trouve déjà dans Google 11 700 occurrences pour « la Journée Sans Immigrés ». Le manifeste a déjà été repris abondamment sur la toile par de nombreux citoyens dont certains sont des politiques, ou d'autres encore des associations comme RESF qui a relayé le manifeste sur son site...

Alors que donnerait une journée sans immigrés en France quand on sait l’apport de l’immigration dans de nombreuses branches comme le bâtiment ou le milieu hospitalier ? Nul et l’écrasante majorité d’entre nous, au regard de notre histoire, aimerait à ne jamais le savoir. N’est-ce pas là déjà d’ailleurs une première raison pour se joindre au collectif lors du 1er mars prochain ? Une chose est sûre cependant, c’est que ce jour là, suite aux propos d’Hortefeux, la France pourrait bien s’apercevoir que les immigrés, si pour certains quand il y en a qu’un c’est amplement suffisant, en revanche c’est lorsqu’il n’y en aura plus du tout que pour la majorité d’entre nous cela risque d’être véritablement catastrophique !

dimanche 28 juin 2009

La lutte de la burqa contre la Boukha


Le débat sur la Burqa fait rage ces jours-ci dans la presse. J’avais d’ailleurs la chance d’en parler pas plus tard que vendredi dernier avec Gaye Petek française originaire de Turquie, fondatrice de la prestigieuse association Elele (du turc : main dans la main) qui s’occupe de l’intégration des originaires de Turquie et lutte notamment contre les mariages forcés. Gaye Petek est aussi ex-membre de la commission Stasi pour la laïcité en 2002, a été vice-présidente du Conseil National pour l'Intégration des Populations Immigrées (CNIPI), est membre du Conseil d'Administration du FASILD et membre du Haut Conseil à l'Intégration (HCI) et a par ailleurs été décorée de l’Ordre National du Mérite et nommée Chevalier de la Légion d’honneur. C’est dire si quand Gaye ouvre la bouche pour parler de laïcité, il convient de l’écouter… religieusement ! Tant on ne peut soupçonner Gaye de laxisme avec l’islamisme. Et c’est peu dire… Gaye nous expliquait donc, à Demet l’amie qui m’accompagnait et à moi-même, comment elle avait assez mal vécu le débat sur la laïcité de la commission Stasi sur le port du voile. La commission ayant été rendue publique et laissée en pâturage à une presse française à sensation plus intéressée par montrer des femmes voilées que d’appréhender un débat de fond sur la complexité de l’intégration des populations originaires du monde musulman dans leurs ensembles. Toutes les femmes musulmanes interrogées par la commission Stasi ne portant pas forcément le voile, ce furent pourtant ces dernières, ultra minoritaires, qui furent mises sous les feux de la rampe, comme si elles représentaient à elles-seules l’ensemble de nos concitoyennes musulmanes. Qu’importe ! Ce qui intéressait la presse était de vendre. Et pour vendre dans les chaumières, il fallait du juteux : c'est-à-dire des femmes voilées. Et qu’importe après tout si cela allait donner une image faussée des françaises de confession musulmane. Une image faussée qui par la caricature allait encore un peu plus creuser l’écart entre les cultures et ainsi corroborer un prétendu choc des civilisations. Gaye prévoyait l’ouverture très prochainement d’une commission parlementaire sur la burqa, espérant que celle-ci serait faite à huis-clos.


Ce fut chose faite mardi où après une proposition de résolution le 17 juin afin de créer une commission d’enquête parlementaire sur le port de la burqa ou du niqab par le député PCF André Gerin, le texte fut signé par 58 députés majoritairement de droite (3 PCF, 7 PS, 43 UMP, 2 NC, 3 NI). Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale a alors annoncé la création d'une mission parlementaire composée de 32 députés de tous horizons politiques et qui devrait travailler à partir de juillet et pendant six mois sur la question du port du voile intégral en France. Décision prise à l'unanimité lors de la conférence des présidents, réunie comme chaque mardi matin, pour fixer l'ordre du jour de l'Assemblée.

Déjà la levée de cette commission en dit long sur la problématique du voile. En effet, alors que la défense de la laïcité et l’égalité homme-femme sont généralement connus pour étant des valeurs traditionnellement défendues par la gauche, nous sommes en droit de nous demander comment un député de l’extrême gauche a-t-il bien pu faire pour trouver comme plus solide appui l’UMP de Nicolas Sarkozy ? Pour le comprendre il nous faut remonter aux sources, c’est à dire… à Vénissieux !


Vénissieux où 3 des 7 français détenus à Guantanamo sont originaires. Vénissieux où Tariq Ramadan, intellectuel controversé de la mouvance extrémiste des frères musulmans, a donné ses premières conférences dans les gymnases locaux qui n’auraient pu se faire sans l’accord de la municipalité. Municipalité tenue alors devinez par qui ? Vénissieux d’où l’imam Abdelkader Bouziane a été expulsé du territoire français le 21 avril 2004 pour avoir affirmé que « le Coran autorisait dans certains cas un musulman à battre sa femme ».Vénissieux où est né le fameux mouvement black, blanc, beur à l’ombre des tours de béton des Minguettes et où une quinzaine de jeunes ont l’idée dés 1983, d’ « une marche pour l’égalité », rebaptisée « Marche des beurs », plaçant leurs espoirs dans une gauche caviar qui n’en retiendra que la caricature exotique et non un mouvement réclamant à l’origine l’égalité républicaine, dont la désillusion donnera naissance au communautarisme. Une frustration des français originaires du Maghreb que le sociologue Azouz Begag explique ainsi : « Jack Lang, François Mitterrand et Julien Dray ont repéré à l'époque un mouvement spontané de jeunes de la France bigarrée. Ils ont voulu en faire une force de frappe politique. Les jeunes des Minguettes se sont crus représentés par les bouffonneries de SOS-Racisme. (Rappelons nous que c’est l’époque de la création de SOS racisme qui a dés son origine un slogan « Touche pas à mon pote », porté par Coluche). Mais, dans les faits, ils ont été spoliés et déboutés de leur demande de participation au pouvoir local et national. Ils ont été victimes de l'instrumentalisation mitterrandienne. »


Dans les années 80, suite à cette déception, la ville se paupérise perdant 15000 habitants en 15 ans, seuls restent les plus pauvres avec leurs cortèges de misères et de délinquance. Dans ce contexte arrivent dés 1984 les premiers étudiants islamistes qui investissent les facs apportant aux jeunes de Vénissieux un soutien et une reconnaissance dont ils avaient tant soif. Ce que la République ne leur a pas donné, les islamistes du Front Islamique Algérien leurs offriront sur un plateau d’argent. Ce sera le début de l’islam identitaire et le commencement de la descente aux Enfers de la majorité de nos concitoyens de confession musulmane qui verront l’islamisme grimper en flèche dans les quartiers et gagner d’autres villes de France, voyant leurs frères et leurs fils partir vers les camps d’entrainement d’Afghanistan sans que les pouvoir publics ne bougent le petit doigt. Ah ! Vénissieux !


Vénissieux où André Gerin, notre député est conseiller municipale depuis mars 1977 alors que je n’avais à peine que 2 ans mais cela tout le monde s’en fout (Pouf, pouf !) et maire depuis 1985. C’est dire si en plus de 30 ans, en tant que conseiller municipal et Maire de Vénissieux, tout en ayant été député du Rhône depuis 1993 après avoir été membre du conseil général sur deux mandats… si Monsieur Gérin a eu le temps de voir arriver sœur Anne de loin dans sa ville qui est aujourd’hui un des bastion de l’islamisme en France, et s’il a eu le temps d’en prévenir les pouvoirs publics qu’il représentait en grande partie, lorsque la gauche était au pouvoir. Mais savez-vous quel surnom est donné à André Gérin à Vénissieux ? Je vous le donne en mille : « l’imam rouge » ! Parce qu’en 30 ans, l’imam rouge a refusé l’implantation d’une grande mosquée au détriment d’associations prétendument culturelles et de mosquées s’installant dans des caves et prônant un islam troglodyte. Acculer les gens dans leurs cases exotiques respectives a ceci de bien commode, qu’on peut manipuler les masses plus facilement. Communautarisme, quand tu nous tiens…


Mais revenons à la burqa où depuis tout temps ses partisans se sont lancés dans une lutte acharnée contre les adorateurs de la boukha, cet alcool de figue qui avec le raki et le vin symbolise à lui seul le côté éclairé des peuples de Méditerranée. (Je sais j’exagère, mais que voulez-vous ? On est un fan du grand poète perse Omar Khayyam ou on ne l’est pas !) Une lutte à mort des iconoclastes contre les iconolâtres, de ceux qui vénèrent les traditions liberticides et ceux qui les brisent dans les sons pop rock au nom du Plaisir et de la Liberté. Un schisme digne de celui de 1054 qui scinda en deux le monde chrétien à jamais. Où sont tombés au champ d’honneur pour l’amour, la liberté et la fraternité entre les peuples les chanteurs et Matoub Lounès et Cheb Hasni pour ne citer qu’eux…




Dans cette longue marche vers l’universalité de l’espèce humaine il faut rappeler que les originaires du monde musulman sont ceux qui ont déjà payé le plus lourd tribu. Ajoutons à cela que ce n’est pas parce que l’on habite dans un monde à majorité musulmane ou chrétienne qu’on épouse forcément la croyance majoritaire et que l’on n’est pas d’une croyance minoritaire, simple déiste, agnostique ou même carrément athée. Un lourd tribu, disais-je donc, à l’image de celui payé par le peuple durant les années 90 ou celui que paye le peuple iranien depuis 30 ans. Un tribu dont la CIA et les européens, pour avoir financé un temps les groupes islamistes jusqu’à l’instauration de régimes basés sur la Chariah afin de faire rempart contre le bloc communiste du temps de la guerre froide, sont en partie responsables. Il faut rappeler aussi que les musulmans victimes de l’islamisme, sont victimes bien souvent d’une double peine qui se caractérise d’une part par l’oppression d’un islam radicale qu’ils n’ont en grande majorité pas désiré, et d’autre part par le regard que nous portons sur eux.


Cette lutte à mort est aujourd’hui visible dans nos rues avec l’apparition de femmes portant la burqa. Prenons garde à comment toi et moi allons réagir auquel cas, par le rejet globale du monde musulman que nous pourrions montrer, nous ne ferions rien d’autre qu’alimenter une fois de plus l’islamisme. Bien sûr, tu as entièrement raison, et je ne reviendrais pas là-dessus : le voile est un asservissement de l’homme sur la femme. Tu as encore raison lorsque tu dis que cela n’est même pas une question de religion, qu’un instituteur qui remet un enfant à sa mère, qu’un officier de police effectue un contrôle d’identité, qu’un postier qui remet un colis, tous doivent tous pouvoir reconnaître le visage de la femme à laquelle ils s’adressent. Et tu as toujours raison lorsque tu dis qu’il ne faut pas être naïf et que pour une femme qui porte la burqa de plein grés, nombreuses sont celles qui le font sous la pression familiale ou communautaire, et que par conséquent, il faut utiliser le principe de précaution.


Néanmoins je ne crois pas que l’ouverture d’une commission pour interdire spécialement la burqa puisse vraiment arranger les choses, même s’il faille, au fond, l’interdire. Je m’explique : dans le même cas de figure ce n’est pas parce que tu vas interdire aux témoins de Jéhovah de venir marcher sur tes plates bandes, parce que chez eux aussi la femme est inférieure à l’homme, que tu vas pour autant rendre les femmes de cette secte plus libre.


Pourtant en ce qui concerne la burqa, en novembre 2007, c’est bien ce que le conseil d’Etat a fait en refusant la nationalité française à Faiza, une marocaine âgée de 32 ans, mariée à un français et mère de 3 enfants nés en France, au motif d’avoir « adopté, au nom d'une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment le principe d'égalité des sexes ». Bien sûr le but n’est pas là de dire qu’il ne faille pas condamner les actes allant contre les valeurs de la République. Mais il est intéressant de savoir que Faiza si elle avouait mener « une vie presque recluse et retranchée de la société française », n’avoir « aucune idée sur la laïcité ou le droit de vote » et vivre « dans la soumission totale aux hommes de sa famille », cette dernière n’était cependant pas voilée lorsqu’elle vivait au Maroc et « n'a adopté ce costume qu'après son arrivée en France à la demande de son mari et qu'elle le porte plus par habitude que par conviction ». Preuve s’il en est que les communautés vivant un repli identitaire sont bien souvent de bien tristes vitrines des pays d’origine qu’elles n’ont pas vu, ou pas voulu voir évoluer.


Ce que je veux dire, c’est qu’ainsi, en condamnant la femme et non l’homme, les juges qui croyaient rendre la justice n’ont pas condamné le bourreau mais la victime. Car le fond du problème n’est pas la burqa ou le port de la burqa par elle-même. Le fond du problème est le salafisme, ce courant intégriste de l’islam radical qui offre aux hommes le motif saugrenu d’asservir la femme. Le salafisme n’a rien à voir avec l’islam vécu de façon personnelle et éclairée des millions de nos concitoyens de confession musulmane qui l’adaptent à leurs sauces, en vivant avec leur époque. Le salafisme gangrène la cohésion sociale et l’égalité homme-femme de nos sociétés. Disons le franchement : le salafisme est une secte comme les témoins de Jéhovah ou la scientologie. Et comme toutes les sectes, ceux qui la prêchent et asservissent leurs concitoyens n’ont rien à voir avec notre république du vivre ensemble et doivent être condamnés.


Ce n’est donc pas une commission sur la burqa qu’il fallait ouvrir. Celle-ci n’aura pour effet que d’isoler encore un peu plus la femme musulmane par la caricature qu’en feront les médias au risque de l’acculer encore un peu plus au repli identitaire. Ne tombons pas dans le jeu des d’une certaine gauche réactionnaire qui pendant 30 ans a joué à celui du communautarisme en caricaturant avec condescendance nos concitoyens de confession musulmane, ou ayant un nom à consonance originaire des pays du sud de la Méditerranée, et qui se réfugient maintenant derrière un amour prétendu de la laïcité. Parce qu’ils se sont aperçus du jour au lendemain que la frustration qu’ils avaient alimenté a finit par leur revenir au visage et voient aujourd’hui fleurir un peu partout en France des listes issues de cette diversité qu’ils ont tant méprisé, pas toujours démocrates il est vrai, et qui recueillent dans certaines communes de 10 à 15 % aux municipales. Ne tombons pas non plus dans le jeu de la droite et de l’extrême droite pour qui la burqa serait une aubaine de nous détourner de la crise économique que nous subissons tous en stigmatisant une fois de plus nos concitoyens musulmans par une vision unique et rétrograde de ceux-ci. Je le dis clairement : ne les laissons pas nous diviser !


La première personne à laquelle nous devons penser est à cette femme sous la burqa. Ne lui imposons pas ce qu’Agathe André dans le Charlie Hebdo du 24 juin 2009 désigne comme « la double peine : opprimée par les hommes, conchiés par ses concitoyens ». Regardons cette femme avec courage, sans crainte, et posons sur elle aussi difficile que cela puisse nous paraître, un regard humain. Comme nous le ferions pour n’importe quelle victime d’accident ou de viol. Cette femme est la victime d’une secte. Une secte machiste comme tant d’autres. Une secte qui l’a endoctrinée, volé sa jeunesse, sa liberté, et tout esprit d’analyse cohérente. Ne lui volons pas encore en plus sa dignité. Ne lui volons pas encore en plus l’assistance à laquelle toute personne en détresse à droit.


Et exigeons une commission d’experts qui auditionnera des « échantillons représentatifs de la société » incluant des personnes originaires du monde à majorité musulmane. Ce « monde de la boukha » duquel nous avons tant à apprendre. Et tant à partager. Battons nous aux côtés de nos jumelles et de nos jumeaux originaires de ce monde à majorité musulmane éclairé, et non en les ignorant comme nous ne l’avons fait que trop souvent. Comme nous avons tendance à le faire trop facilement. Exigeons que cette commission interdise le salafisme comme elle vient de le faire récemment pour la scientologie. Exigeons que cette commission interdise les sectes machistes et condamne ses prêcheurs ainsi que les hommes qui y entraineraient leurs familles à de lourdes peines d’amendes, voire de prison. Exigeons que soit sécurisées les entreprises en autorisant les employeurs à exiger des tenues correctes « laïques » sous peines de sanction et de renvoi, sans pour autant craindre d’être envoyé aux prudhommes par des femmes ou des hommes ayant changé de tenues vestimentaires après leurs embauche. Afin que l’intégrisme religieux ne pénètre plus les PME-PMI et ne gagne les salariés. Que ces dernières demeurent un espace de cohésion sociale. Exigeons que nos médias mettent en lumière la majorité des musulmans éclairés vivant en harmonie au sein de la République. Exigeons enfin de nos politiques qu’ils cessent de mépriser la représentativité du peuple et intègrent sur leurs listes lors des élections, sans discrimination aucune, des candidats issus du monde arabo musulman à des postes éligibles et non des « faire-valoir de la diversité ». Que plus jamais nous ne nourrissions un repli identitaire mettant en danger les fondements de notre république, d’autant plus que, nous l’avons vu lors de l’affaire des caricatures de Charlie Hebdo, les intégrismes se nourrissent entre eux. Que plus jamais ne puisse perdurer sans être inquiété, et les sectes portant atteinte à la dignité humaine, et ceux qui les ont nourri. Que plus jamais nous ne nous laissions abuser par le jeu dangereux de la stigmatisation et de la haine qui, si nous n’y prenons garde, par le manque de solidarité et par l’individualisme auquel il nous invite, finira par nous enfermer tous ensemble dans une prison bien plus grande encore que celle de la burqa. Le totalitarisme brun qui hôte à chaque être humain toute humanité et le rend à l’état de machine. Et prive chaque femme de la liberté sacrée de disposer de son corps. Que toujours tu te souviennes de ces mots d’Antoine de Saint-Exupéry : « la termitière future m’épouvante et je hais leurs vertus de robots. Moi, j’étais fait pour être jardinier... »


C’était juste un peu avant l’arrivée du nazisme… Que plus jamais nous ne laissions quiconque nous diviser sans réagir !

lundi 15 juin 2009

Le PS est mort, vive les Verts !

Le baiser vert

Ca faisait tellement longtemps qu’il me chatouillait la libido ce titre, que ce serait quand même malheureux que je m’en prive ! Il faut dire, les copains le savent bien, que je ne porte pas le PS dans mon cœur. Et puis surtout, après la victoire historique que vient de faire la liste Europe Ecologie dimanche dernier ! Je sais, j’ai mis longtemps à faire surface. Parce que faut pas croire, mais la campagne c’est pas terminé après les élections. Après y’a la joie, bien sûr, mais y’a aussi les analyses. On se creuse la tronche dans l’ivresse pour savoir ce qu’il s’est passé, un peu comme un type ivre mort qui cherche ses clefs qu’il a laissé sur le comptoir. Bourré, tu réfléchis toujours un peu avec la même clairvoyance qu’un marchand de poisson qui se mettrait à vendre des sapins de Noël dans un cimetière. T’as l’air un peu bête, comme ça, après les élections. T’as envie de continuer la campagne, mais tout est terminé. « C’est plié ! » comme dirait mon copain Abdel. La victoire de ce 7 juin 2009, et bien c’est comme ça qu’on l’a vécu avec les copains. Comme des marins irlandais perdus dans la tempête et qui se sont réfugiés au pub pour y chercher de la bière et un baiser. Un baiser vert. Comme le V de Victoire. Un véritable trèfle à 4 feuilles. Vert comme l’Irlande que tu vas cueillir en fermant les yeux, vert comme l’espérance… et maintenant que j’ai à peu prés décuité, je vais tenter de te raconter cette victoire là. Comme je l’ai vécue. Comme lorsque t’embrasses pour la première fois la plus belle fille que t’aie jamais vu et que tu ne veux pas rouvrir les yeux. De peur de l’avoir rêvé…


L’œil de Jade


Faut dire qu’avec les copains, depuis les journées d’été à Toulouse il y a un an, où s’étaient réunis les copains comme traditionnellement chaque année à la même date dans un lieu différent – cette année ce sera à Nîmes – on ne peut pas dire qu’on aura vraiment chômé ! Là bas il s’est passé un truc incroyable : les frangines et les frangins de la grande famille de l’écologie ont arrêté de se foutre sur la gueule. C’est vrai que les copains en parlaient depuis des années, mais très sincèrement on y croyait plus. Et puis y’a eu la môme Cécile. Duflot, bien sûr. Secrétaire nationale à 34 piges. Vises un peu : my age ! Yes, sir ! Avec le Dany et le José elle a rassemblé la familia qui se faisait la gueule depuis que l’un avait dit non au Traité Constitutionnel Européen en 2005 et l’autre oui. Miracle ! Comme je te le dis ! Et puis la Sandrine est venue, le Yannick, et surtout la Eva. Ah ! La Eva ! Le genre de femme que t’aimerais avoir de l’autre côté du bureau quand tu te rends chez ton banquier. Et au travers des écolos, c’est la gauche toute entière qui s’est vue dans le miroir, de l’extrême gauche José et Karima au centre de Dany en passant par la gauche traditionnelle d’Eva. A tel point qu’on a même réussi à reprendre les voix du PS qui s’étaient fourvoyées au Modem quand Bayrou avait sa campagne sur l’indépendance des médias en 2007. Faut dire qu’on a dansé, et pas que la valse ! Mais aussi le tango. Rock n’ roll, même parfois ! J’te raconterais, peut-être, un autre jour… Pour faire court, pas un nous donnait le score que nous avons fait. La caricature allait de bon train dans les médias sur les écolos et les petits oiseaux. Comme si l’écologie politique se résumait à la défense des Gobe-mouches nains ! Mais pendant que les uns préparait à droite leurs présidentielles et que les autres appelaient à « voter utile » en copiant jusqu’au mot prés le programme des Verts, avec les copains et ceux qui ont aimé nous suivre, nous avons continué pépère à faire la campagne, en expliquant ce que nous entendions par notre rêve européen. Et puis ce qui devait arriver arriva… La lumière a jaillit des urnes ! Enfin pas que la lumière… y’avait aussi de la boue brune… qui n’avait pas que l’odeur de la boue d’ailleurs ! Mais revenons pour l’heure sur la lumière…


La rivière émeraude


Ce soir du 7 juin 2009, pour tout te dire, je m’en souviendrais toute ma vie. Comme j’ai décidé d’en prendre l’habitude depuis les dernières municipales, j’avais décidé d’être assesseur dans la petite commune où je vote. Là où Mirambeau, maire UMP, a attaqué pris la commune à l’arme blanche et par derrière en faisant campagne sur une liste « sans étiquette ». Cette commune historiquement de gauche et qui était dans l’escarcelle du PS était alors tombée à droite pour quelques voix parce que Madame le Maire, c’est ballot, avait dénié faire campagne. A 20 h j’étais au dépouillement. J’annonçais à haut voix les têtes de listes que ma coéquipière de l’instant me tendait après avoir sortie de l’enveloppe. C’est dire si je n’en croyais pas ce que je lisais. Si cette voix était une autre que la mienne. C’est dire si je n’en croyais pas mes oreilles quand venues des tables derrière moi, j’entendais énoncer : « Daniel Cohn-Bendit ! Daniel Cohn-Bendit… Daniel Cohn-Bendit… » On aurait cru que les urnes venaient de vomir une rivière d’émeraudes. C’est con, mais t’aurais presque eu envie de te barrer avec la pile des bulletins de vote verts pour aller les enterrer loin dans le jardin sous le cerisier comme si c’était un trésor. Un trésor, oui. Et un beau. De pirate des mers du Sud ! D’océans ! J’aurais voulu hurler Rimbaud dans cette petite salle des mariages : « L'eau verte pénétra ma coque de sapin, et des taches de vins bleus et des vomissures, me lava, dispersant gouvernail et grappin. Et dès lors, je me suis baigné dans le poème de la mer, infusé d'astres, et lactescent, dévorant les azurs verts; où, flottaison blême et ravie, un noyé pensif parfois descend… ».

Comme une odeur de sapin…


C’est sûr que ça sent le sapin ! Et pas qu’un peu ! Le noyé pensif qui est en train de descendre, à l’heure où je te cause, c’est le parti socialiste. Ah ! Il a de quoi être songeur avec la volée qu’il s’est ramassé. C’est sûr ! A force de rififis en internes, à force de caricaturer ses partenaires de gauche, à force de plagier leurs programmes sociaux ou écologiques, à force de crier « gare au loup » d’extrême droite et d’appeler au vote utile en prenant l’électeur pour le dernier des imbéciles, l’électeur a finit par ne plus avoir peur du loup et s’en est allé voter avec courage pour ses idées. Parce que c’est bien ce que t’as fais, non ? T’en as eu ras le bol en cette période de crise de voir les programmes d’un parti acquis au libéralisme depuis Mitterrand et qui a donné la merde dans laquelle nous sommes tous. Parce que comme l’a rappelé brillamment un copain, Pierre, quelques jours avant la campagne : « Le PS fait semblant d'être un parti de gauche mais vote les traités européens qui libéralisent à tout va les économies européennes. Le texte le plus libéral fait par l'UE est l'Acte unique Européen, son maître d'œuvre fut le socialiste Jacques Delors que son PS voulait comme candidat en 1995, il fut signé par un Président PS, Mitterrand, et par un Premier ministre PS, Laurent Fabius. Ce sont encore des socialistes qui étaient au pouvoir quand furent acceptés les critères libéraux de Maastricht et l'indépendante de la monnaie de toute politique économique où plutôt répondant aux critères d'une politique libérale. C'est Jospin qui signa les accords de Barcelone qui prévoyaient la réforme des retraites que fit Raffarin. 'Europe libérale doit donc beaucoup à nos socialistes et il est beau de prétendre en France défendre nos services publics quand on Co-rédige au niveau de l'UE des traités qui prévoient leur mise en concurrence. Tous ceux qui travaillent à la poste savent d'ailleurs sous quels gouvernements s'est développée la précarisation du personnel ». Devenu depuis longtemps un parti de droite torturé entre sa vision libérale de l’économie, Ségolène qui voulait réinstaurer les maisons de corrections à 13 ans, et son obligation de tinter d’écolo et de social ses programmes pour faire bonne figure, le PS a fini par payer sa félonie. Comme m’a dit cyniquement un sympathisant de gauche le soir de l’élection : « vous avez raison, quand la bête est malade à ce point là, il vaut mieux l’achever ».


Le rêve vert…


C’est vrai, on a assommé la bête un bon coup, mais le cadavre risque de bouger encore à la Noël. Alors il nous faudra l’achever à Pacques. Avec les cloches. Il faudra faire sonner le tocsin. T’es venu en bande, dés le lendemain des élections, pour me dire baignant dans le bonheur que t’avais voté Europe Ecologie. Ce soir, je pense surtout à mes frangines et mes frangins originaires de Turquie. Je pense à Suna qui m’a dit comme tant d’autres : « maintenant vous avez intérêt d’assurer ! ». Alors je te promets rien. C’est là d’ailleurs la différence entre les écolos et les autres, généralement on promet rien. On dit qu’on va faire ce qu’on peut. Et les copains feront ce qu’ils peuvent, j’en suis sûr ! Pascal Canfin qui présidait la commission économique et sociale des Verts fera ce qu’il peut comme il a fait ce qu’il a pu pour élaborer avec les copains le programme économique vert innovant que nous t’avons présenté. Comme Karima Delli fera ce qu’elle peut, comme elle l’a toujours fait dans la rue, pour obtenir des logements étudiants ou protester contre le libéralisme avec « sauvons les riches ». Comme Michèle Rivasi a fait ce qu’elle a pu, en créant la Crirad au lendemain de Tchernobyl pour alerter les populations, sous la présidence de François Mitterand, quand les autorités te faisaient croire que le nuage contaminé n’avait pas passé la frontière. Comme Eva Joly a fait ce qu’elle a pu, en levant le point contre les grandes compagnies pétrolières, et malgré le déchainement médiatique, en arrivant à incarcérer le PDF d’ELF. Tous cela feront ce qu’ils pourront, tu peux me croire, aussi vrai que c’est ce qu’ils ont toujours fait depuis des années parce qu’ils ne savaient pas faire autrement. Mais sincèrement ce sera dur avec la vague brune qui vient de déferler sur l’Europe. Alors il faudra les aider. Relever les manches et en remettre un coup. Refaire ce que t’as fais au soir de ce 7 juin. Belote aux européennes, rebelote aux régionales. Avant de terminer en beauté sur un 10 de der aux présidentielles de 2012. Là, c’est encore trop tôt pour en parler, mais les Verts pourraient créer la surprise au en arrivant au second tour. L’issue du scrutin des européennes a montré que la France est majoritairement à gauche. Les français, étant centristes par nature, et agacés par la politique ultralibérale, sécuritaire, et anti-écologique, il n’est pas interdit de penser qu’ils voteraient en masse contre Sarkozy au deuxième tour, pour les Verts qui par ailleurs sont le parti préféré des français dans les sondages depuis des années. Mais nous n’en sommes pas encore là…


« Et maintenant ? »


« Et maintenant ? » me demandait une militante ? Et bien maintenant il va falloir continuer, nous tous, comme on a commencé, rassemblés, unis dans la tempête. Premier objectif : t’inscrire sur les listes électorales en allant à ta mairie si ce n’est pas fait. Et faire inscrire. Le 31 décembre il sera trop tard. Tu connais la chanson ! Deuxième objectif : les régionales. Là il va falloir cartonner pour mettre un maximum de conseiller régionaux. La campagne sera acharnée. Mais tu ne dois jamais oublier que tu peux y arriver. Comme tu y es arrivé ce 7 juin. Parce que tu as refusé de voter pour autre chose que pour tes idées. Et avec toi le peuple s’est levé pour changer le monde et adopter un mode de vie écologique. Il est maintenant en marche. Gays, lesbiennes, transsexuelles ou inter sexes. Français originaires de Bretagne, de Turquie ou du Mali. Médecins, chômeurs, ou étudiants. Demain arrive le temps des affiches et de la colle, des tracts, des marchés, des banderoles, des meetings, des poings levés et des hauts parleurs. Demain c’est sûr, si tu ne baisses pas les bras à deux mètres de la ligne d’arrivée, ils peuvent bien rire et se moquer de nous les autres, mais qu’ils le veuillent ou non, nous changerons la planête.

samedi 6 juin 2009

Européennes du 7 juin 2009 : Yes we cem !

« Madame la Présidente, je voudrais commencer par remercier le rapporteur (de la commission) pour sa correcte coopération et son rapport très équitable. Le rapport met en lumières les points critiques identifiés par les gens de Turquie eux-mêmes : par exemple, la solution au problème kurde sur un consensus de base tout en sauvegardant les droits à tous les groupes ethniques de Turquie, le problème du foulard en Turquie, ce qui inclus le respect des intérêts de ceux qui ne veulent pas porter le foulard, et la solution à la liberté religieuse qui doit s’appliquer à chacun en Turquie, incluant les alevis, les chrétiens et le Patriarcat Œcuménique d’Istanbul par exemple ».

A l’image de Cem Özdemir qui est cela dit en passant un des parlementaires européens les plus fidèles à son groupe avec un taux de loyalisme à 98.08 %, les Verts Français et les Verts Européens ont toujours soutenu ce que Dany Cohn-Bendit appelait pas plus tard que ce mercredi dans un Zénith de Paris rempli à craquer « le rêve du Bosphore ». L’adhésion pleine et entière de ce grand pays qui a participé à la construction de la culture européenne depuis le début de son histoire, de l’époque Byzantine en passant par l’ère ottomane, à la nouvelle république dont il faut rappeler sans cesse que cette dernière est membre fondatrice de l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) en 1948, membre du Conseil de l’Europe dés 1949, que c’est le général de Gaulle lui-même qui signa les accords d’Ankara en 1963 qui lui ouvriront la possibilité d’entrer dans l’Union à l’heure où en tant que membre de l’OTAN elle était un partenaire privilégié des alliés dans la guerre froide. Et bien évidemment, la Turquie est membre de nombre d’organisations européennes culturelles ou sociales comme le tournoi de l’UEFA ou le Forum Social Européen qui se déroulera d’ailleurs en 2010 à Istanbul, alors devenue capitale européenne de la culture.

C’est dire si mon vieux “rêve du Bosphore” avec la dynamique fulgurante que la campagne « Europe Ecologie » a pris depuis 6 mois à transmettre passionnément notre amour de l’Europe et à expliquer patiemment son importance et le fonctionnement de ses institutions depuis 6 mois en rappelant que les lois européennes priment sur les lois nationales de Sarkozy… si par les intentions de vote qui nous donnent 3ème liste en France avec 15.5% et même deuxième en Ile de France devant le P.S à 19%... c’est dire, disais-je, si ce vieux “rêve du Bosphore” est en train de se réaliser ! Le rêve qu’un jour par l’ouverture vers le monde et le modèle de démocratie, d’égalité, de paix et de sauvegarde de l’environnement que pourra nous apporter l’adhésion pleine et entière d’une Turquie démocratique et respectueuse de l’environnement comme la rêvent en premier les peuples de Turquie ainsi que le rappelle brillamment notre Cem - cette Turquie qui vient d’ailleurs de ratifier les accords de Kyoto sur les gaz à effets de serre - nous pourrons enfin, tous ensemble réunis au sein de la grande famille de l’humanité, sauver la planète dont Yann Arthus Bertrand qui lui aussi votera Europe Ecologie nous rappelle qu’elle est en train de brûler.

Chaque vote, chaque votant quelque soit sont origine, son sexe, son orientation sexuelle, sa croyance ou non, chaque homme, chaque femme, chaque intersexe, chaque cœur qui bat compte pour notre avenir !

Parce que Saint Exupéry nous rappelait que « nous n’héritons pas la planète de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants », dimanche 7 juin, pour l’Europe, pour la planète, pour l’humanité…

YES WE CEM !